Le coordonnateur de la société civile du secteur de Bahema Sud, Bienvenu Kadjanate, dénonce les actes de pillage et de menaces attribués aux éléments de la milice de la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI) contre des pêcheurs sur le lac Albert.
Selon cet acteur de la société civile, plusieurs pêcheurs ont été victimes de ces actes sur le littoral du lac Albert les 16 et 17 août 2026. Il appelle les autorités provinciales et le gouvernement congolais à prendre en compte les cris d’alarme de la population riveraine, particulièrement ceux des pêcheurs confrontés à cette situation devenue récurrente. Bienvenu Kadjanate demande une intervention urgente des autorités pour mettre fin à ces exactions et garantir la sécurité des pêcheurs sur le lac Albert.
«Nous ne savons pas ce que la FRPI vise sur le littoral du lac Albert. À chaque fois, avec les autorités, nous avons l’habitude de dire que la FRPI regagne des positions fortes. Malheureusement, il y a toujours un aspect de promesse de la part des autorités compétentes que, jusqu’ici, nous regrettons. Si réellement nous sommes dans un État de droit, il est peut-être impérieux que les autorités nous disent quelle attitude la population riveraine doit adopter face à ce fléau, car nous en avons assez », a-t-il insisté.

Le coordonnateur de la société civile de Bahema Sud appelle également le gouvernement à veiller à l’application effective de la réglementation de la pêche sur le lac Albert. Il estime qu’il est difficile de réglementer les activités de pêche d’un seul côté du lac alors que, de l’autre côté, des personnes continuent d’occuper les zones de frayère.
« La loi réglementant la pêche est très claire en la matière : on ne peut ni pêcher ni habiter dans une zone de frayère. Nous demandons au gouvernement de venir en aide et d’intervenir sans délai pour préserver cet aspect, afin que demain nous puissions encore parler de ce lac comme l’un des plus poissonneux au monde », a déclaré Bienvenu Kadjanate.
Il plaide ainsi pour une action concertée visant à sécuriser les pêcheurs, protéger les zones de reproduction des poissons et lutter contre les pratiques qui menacent les ressources halieutiques du lac Albert.
Cette alerte intervient quelques jours après une mission effectuée par l’administrateur du territoire d’Irumu dans plusieurs entités de cette juridiction, afin de recueillir les desiderata de la population.
David Mugisa