Au regard d’une accalmie observée actuellement, quelques habitants regagnent déjà leurs entités sur l’axe Mambasa-Kisangani. Toute la population des villages du groupement Babombi, dans le territoire de Mambasa, est appelée à regagner progressivement ses milieux d’origine après les récentes violences attribuées aux rebelles ADF. Le chef du groupement Babombi, Jean Faliala, affirme que la situation sécuritaire s’améliore progressivement grâce aux opérations menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Jean Faliala, chef du groupement Babombi, invite les habitants qui avaient fui leurs villages à la suite des attaques des rebelles ADF à regagner progressivement leurs domiciles.
Selon lui, les forces armées congolaises poursuivent les opérations de sécurisation, notamment dans les zones forestières et dans plusieurs villages qui avaient été désertés par leurs habitants après les passages des combattants ADF.
Le responsable coutumier encourage ainsi la population à collaborer avec les forces de défense et de sécurité, en signalant tout mouvement suspect susceptible de compromettre la sécurité dans la région.
« Ce que je peux dire à la population, c’est que ceux qui sont restés ici ont eu du courage depuis les événements et le passage des ADF. Nous sommes là, mais d’autres habitants avaient fui et ne sont pas encore retournés », a déclaré Jean Faliala.
Il lance ainsi un appel pressant aux personnes déplacées, notamment celles qui ont trouvé refuge à Mambasa, Epulu et dans d’autres localités, à regagner leurs villages respectifs.
« Je lance un message à ma population : je suis ici, venez nous rejoindre. Quittez Mambasa où vous avez fui et rentrez pour préparer la rentrée scolaire dans nos entités respectives. Ceux qui sont à Epulu et ailleurs, venez chez vous. Nous sommes là avec les militaires et l’ennemi est déjà parti depuis longtemps. Rentrez si possible », a-t-il exhorté.
Un appel à reprendre les activités agricoles
Par ailleurs, le chef du groupement Babombi appelle la population à reprendre progressivement ses activités quotidiennes, particulièrement les travaux champêtres.
« Venez aux champs. Ne manquez pas de nourriture là où vous êtes et ne laissez pas la nourriture pourrir dans la forêt, maintenant que la paix est déjà rétablie. Certaines maisons ont été endommagées par des bandits que nous ne connaissons pas. Venez sécuriser vos biens. Nous, les chefs, nous ne pouvons pas être capables de sécuriser toutes les maisons. Nous gardons ce que nous réussissons à protéger, mais je vous en supplie, revenez à Bandisende », a-t-il lancé.
La présence des FARDC saluée
Jean Faliala se réjouit également du déploiement des militaires des FARDC dans son village et dans l’ensemble du groupement. Il estime que leur présence contribue au retour progressif de la population.
« Je suis très ému et rempli de joie de voir nos FARDC arriver dans notre village et notre groupement. Les militaires effectuent des patrouilles, notamment la nuit. Nous ne savons pas toujours ce qui se passe pendant la nuit, car certaines maisons sont cambriolées. Des personnes peuvent profiter de ce désordre et accuser les soldats, alors qu’il peut s’agir de certains membres de la population qui commettent ces actes la nuit. Je suis heureux parce que notre armée est ici et nous allons fournir des efforts pour l’alerter en cas de besoin ou lorsqu’il y aura des mouvements suspects », a conclu le chef Jean Faliala.
Pour les habitants qui regagnent progressivement leurs villages, l’enjeu est désormais de retrouver une vie normale, de reprendre leurs activités économiques et agricoles, mais aussi de reconstruire la confiance après les déplacements provoqués par les attaques.
Le retour progressif des habitants constitue un signe encourageant pour la stabilité de la zone. Toutefois, la prudence reste de mise. La sécurisation effective des villages et des axes routiers, ainsi qu’une communication régulière entre les forces de sécurité, les autorités locales et la population, seront essentielles pour consolider cette accalmie et favoriser un retour durable des personnes déplacées.
Néhémie Paluku