En territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, les effets du changement climatique se font désormais sentir au quotidien. Face à l’accroissement des températures, à la baisse de la production agricole et aux perturbations des saisons, Marie-Noëlle Anotane, membre de la société civile congolaise locale, lance un appel pressant à la prise de conscience collective et à la protection de l’écosystème forestier.
Sur le terrain, la dégradation de l’environnement se traduit par une chaleur étouffante, jour et nuit, ainsi que par l’instabilité des pluies et du soleil, rendant le calendrier agricole imprévisible et réduisant considérablement les rendements alimentaires.
Pour Marie-Noëlle Anotane, les causes de cette situation sont directement liées aux activités humaines incontrôlées, notamment la coupe systématique d’arbres sans reboisement qui prive le milieu de sa couverture végétale naturelle.
« Si tu coupes un arbre dans ton champ, tu dois avoir l’obligation d’en planter un autre ; si tu en coupes dix, tu dois en replanter dix », a-t-elle déclaré pour souligner l’urgence de restaurer le couvert forestier.
À cela s’ajoutent l’exploitation minière et l’abattage de bois qui menacent des espèces d’arbres rares indispensables pour les générations futures, ainsi que l’utilisation de produits chimiques toxiques pour la pêche et l’élevage qui détruit les ressources aquatiques et contamine l’eau consommée par les habitants.
Face à cette gestion déficiente des ressources forestières et aquatiques, la société civile plaide pour une responsabilisation globale impliquant les autorités étatiques, les exploitants forestiers et miniers, les agriculteurs et l’ensemble de la population.
Elle préconise notamment l’application stricte du principe de reboisement obligatoire pour chaque usager de la forêt.
« Si nous ne prenons pas conscience dès aujourd’hui, cette mauvaise gestion de l’exploitation de nos forêts va nous amener très loin avec des conséquences encore plus lourdes que celles que nous vivons déjà », a-t-elle ajouté.
Sans un sursaut immédiat à tous les niveaux, la situation environnementale et socio-économique ne fera qu’empirer de manière dramatique dans la région.
Moïse Ulang’u