Le conseiller communal Olivier Nguna Bahati est sorti de son silence pour dénoncer fermement les agissements de certains éléments des forces armées déployés dans la commune de Nyakasanza, au chef-lieu de la province de l’Ituri.
Selon les déclarations de Olivier Nguna Bahati, les tracasseries policières et militaires s’intensifient dès la fin de journée, particulièrement entre 17h59 et 18h00. Les points chauds et carrefours stratégiques de la commune — notamment les rond-points Sayo, Salongo et Rwambuzi, ainsi que les axes Pont Muchanga, Matete, Yambi-Kindia et Pont Kirikou — sont le théâtre de contrôles intempestifs et abusifs.
« Au lieu d’accomplir la mission de sécurisation qui leur a été confiée, ils s’adonnent à d’autres pratiques et tracassent la population », s’est indigné le conseiller communal.
Le mode opératoire décrit par l’élu local met en lumière des prélèvements illégaux sous le prétexte de contrôle d’identité. Les militaires exigeraient des cartes d’identité avant d’exiger des sommes d’argent, communément désignées sous l’expression de « l’énergie ».
Les automobilistes et les conducteurs de taxis-motos ne sont pas épargnés. Les forces de l’ordre procèderaient à des fouilles et exigeraient de l’argent sans même vérifier la régularité des documents des véhicules.
Plus grave encore, des actes de violence physique ont été rapportés. Olivier Nguna Bahati a mentionné l’agression brutale d’un taximan qui transportait une femme accompagnée de son bébé, soulignant que des preuves et des témoignages de ces exactions existent.
Alors que les festivités de fin d’année approchent et que la population s’active pour les préparatifs, cette situation d’insécurité entretenue crée un climat de vive inquiétude et de tension. Le conseiller communal exprime la crainte d’un incident majeur si les autorités n’interviennent pas rapidement pour recadrer les troupes sur le terrain.
« Nous avons peur qu’un incident tragique ne se produise. Si un jour un militaire venait à tirer sur un citoyen, cela créerait une situation incontrôlable. La population ne peut pas se laisser faire indéfiniment. Il faut couper le mal à la racine. »
L’élu lance un appel urgent au Maire de la ville de Bunia, au Commandant de la 32ᵉ Région Militaire ainsi qu’au Gouverneur de province à s’impliquer activement pour mettre fin à ces tracasseries et restaurer la confiance et une cohabitation harmonieuse entre les civils et les militaires.
Rédaction