Ituri : JED tire la sonnette d’alarme sur le calvaire des journalistes

par lavoixdelituri

​Face à l’insécurité chronique, la crise sanitaire et la précarité économique, les professionnels des médias en Ituri exercent dans des conditions extrêmes.

À l’occasion de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l’antenne provinciale de Journaliste en Danger (JED) dénonce la marginalisation des radios locales dans la riposte contre Ebola et appelle à une protection accrue des chevaliers de la plume.
​
Pris en étau entre la menace permanente des groupes armés, la propagation de l’épidémie d’Ebola et une méfiance communautaire attisée par la désinformation, les professionnels de l’information évoluent sur un terrain particulièrement hostile. À ce tableau déjà sombre s’ajoute une précarité financière aiguë qui fragilise un secteur pourtant névralgique.

​Dans ce contexte délétère, l’antenne provinciale de l’organisation de défense de la presse Journaliste en Danger (JED) dresse un état des lieux préoccupant. En première ligne pour sensibiliser les populations et déconstruire les rumeurs complotistes autour de la riposte sanitaire, de nombreux médias de proximité se heurtent quotidiennement à des restrictions d’accès aux sources officielles, à des pressions locales et à un manque criant de moyens matériels.

​Le grief principal porté par l’organisation concerne la gestion des partenariats dans la lutte contre l’épidémie. L’Antenne JED Ituri déplore que de nombreuses radios communautaires et rédactions locales, bien qu’engagées activement dans la diffusion des messages de prévention sanitaire, soient privées d’un accompagnement financier et matériel équitable de la part des autorités et des partenaires de la riposte.

​L’organisation rappelle avec fermeté que cet engagement ne doit pas faire l’objet de discriminations ni être conditionné à une ligne éditoriale complaisante envers les décideurs. Les autorités sanitaires et les partenaires de la riposte sont ainsi appelés à garantir une collaboration équitable, transparente et inclusive avec l’ensemble des médias qui contribuent à la sensibilisation des communautés.

​Pour faire face aux risques de dérives, d’intimidation ou de refus d’accès aux sources par les gestionnaires de la riposte, JED trace une ligne de conduite claire et structurée. Les professionnels concernés sont invités à documenter rigoureusement l’ensemble des faits et des décisions d’exclusion, puis à saisir officiellement la hiérarchie de la riposte pour obtenir des explications.

JED rappelle à cet effet que le pouvoir institutionnel ne saurait être instrumentalisé pour faire taire les voix critiques ou sanctionner les médias indépendants.

​Tout en défendant les droits des professionnels, JED s’adresse à la conscience des journalistes. Les formations reçues en communication sur les risques et en lutte contre la désinformation ne doivent pas rester théoriques, mais se traduire concrètement sur le terrain.
​Les rédactions sont encouragées à vérifier systématiquement leurs informations, respecter la dignité des malades, s’abstenir de relayer des spéculations et préserver leur indépendance éditoriale.

Rédaction

Laisser un commentaire

Vous aimerez peut-être aussi