Alors que les équipes médicales poursuivent leurs efforts pour endiguer l’épidémie dans la zone de santé de Rwampara, les acteurs de la riposte se heurtent à de vives réticences au sein de la population. En dépit d’une tendance globale jugée positive et d’une baisse progressive du nombre de décès, le refus communautaire demeure le principal obstacle à l’interruption définitive de la chaîne de transmission.
La cartographie établie par les services de santé met en lumière quelques foyers de résistance ciblés. La situation apparaît particulièrement tendue dans l’aire de santé de Mwanga, où quelques habitants remettent en question l’existence même de la maladie.
Des poches de résistance similaires sont également observées dans les localités de Dele, Lengabo et Makabo. Dans ces secteurs, les habitants rechignent à notifier les malades vivants et n’alertent les équipes qu’une fois les décès survenus, estimant à tort que leurs proches ne sont pas morts d’Ebola.
Cette réticence entrave la rapidité d’intervention et accroît considérablement les risques de propagation, sachant qu’un seul cas non isolé peut contaminer plus d’une centaine de personnes. Face à ces blocages, le coordinateur de la riposte de la riposte dans la zone de santé de Rwampara invite au bon sens.
« La communauté ne parvient pas à comprendre que nous sommes dans l’épidémie. Ils disent que nos frères et nos sœurs ne sont pas morts d’Ebola, que vous voulez chercher seulement de l’argent. Et cela doit cesser.», indique Basara Mugisa, médecin chef de zone de santé de Rwampara et coordonnateur de la riposte dans cette zone.
Pour briser ces réticences, la coordination réajuste sa stratégie en impliquant directement les figures d’influence locales, notamment les leaders communautaires, les groupes de pression et les professionnels des médias.
L’objectif est d’amener les habitants à s’approprier les actions de riposte afin d’assurer un suivi rigoureux des contacts et d’éteindre définitivement les foyers d’infection.
Moïse Ulang’u