RDC : pas des baleinières en bois, la décision du ministre risque d’appauvrir la population du littoral du lac Albert

par lavoixdelituri

​Face à la décision du ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement interdisant la navigation des baleinières en bois sur les eaux de la République Démocratique du Congo à partir du 15 novembre, les réactions politiques se multiplient. Le député provincial Moïse Wathum a exprimé de vive voix sa préoccupation et ses regrets quant à cette mesure qu’il qualifie de désastreuse pour les populations locales, en particulier sur le lac Albert.

​Selon l’élu provincial, la situation du lac Albert est exceptionnelle et ne peut être comparée à celle des grands fleuves ou d’autres lacs du pays. Sur ce plan d’eau, l’utilisation des embarcations en bois constitue l’épine dorsale de la vie quotidienne. ​

Qu’il s’agisse des pêcheurs, des transporteurs, des agents de sécurité ou même des fonctionnaires de l’État et des représentants de ministères, toute la communauté locale dépend quasi exclusivement de ces embarcations traditionnelles pour se déplacer et commercer.

​« Cette décision risque de mettre par terre la vie de la province de l’Ituri presque en général », a déploré Moïse Wathum, soulignant que les alternatives en bateaux métalliques sont quasi inexistantes sur le lac Albert.

​Tout en reconnaissant les louables intentions du ministre face à la recrudescence des accidents lacustres, le député estime que le remède pourrait être pire que le mal. Il compare cette situation à d’autres secteurs des transports — routier ou aérien — où l’on ne suspend pas l’ensemble du trafic malgré la survenance d’accidents.

​Pour éviter de paralyser l’économie et le quotidien de toute une région, Moïse Wathum demande instamment au ministre de dépêcher une mission d’évaluation sur le terrain ou d’y effectuer lui-même une visite afin de toucher du doigt la réalité des usagers.

Il préconise ainsi un réexamen de la décision pour l’adapter aux spécificités techniques et géographiques du lac Albert, où les embarcations métalliques se font extrêmement rares.

​Des habitants de l’Ituri espèrent que cet appel de leur représentant sera entendu par les autorités nationales afin qu’un compromis puisse être trouvé avant la date fatidique du 15 novembre.

Rédaction

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