La situation est restée particulièrement tendue depuis ce dimanche 20 septembre 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Tôt le matin, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené une opération de bouclage au sein du site de déplacés internes de Kigonze.
Selon des sources, cette intervention faisait suite à des rapports des services de renseignement faisant état de l’infiltration d’éléments armés et de miliciens au milieu des populations civiles vulnérables.
Le député provincial Byaruhanga Semire, élu du territoire de Djugu, s’est rendu sur le terrain pour évaluer la situation et a fermement déploré ce qu’il qualifie de dérapages observés au cours de l’intervention.
« Malheureusement, ce bouclage a tourné au vinaigre parce qu’il y a eu mort d’homme, il y a eu même des personnes qui se sont déplacées… Il y a eu des petites exactions de la part des forces loyalistes, c’est dépassant. C’est même en notre présence, c’était un constat amer que nous avons fait. Le site de déplacés est protégé par le droit international humanitaire. Ce site doit être inviolable par qui que ce soit… la force loyaliste ne doit pas faire mouvement dans ce site munie d’armes. », a indiqué Byaruhanga Semire.
De son côté, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a rappelé les efforts continus de sensibilisation menés auprès des déplacés pour éviter que le site ne devienne une cible militaire. Josia Obat, chef du bureau de la MONUSCO en Ituri, a précisé la posture de la mission et le travail de prévention effectué en amont.
« On a fait un grand travail là-bas pour expliquer aux déplacés d’éviter d’accueillir les milices ou bien les gens qui sont armés dans le site de déplacés. Parce que s’ils font ça, ils deviennent une cible pour les militaires… Nous avons déjà fait beaucoup de sensibilisation avec les déplacés… pour que les gens qui sont armés ne rentrent pas pour se cacher ici entre vous, parce que c’est ça qui va vous mettre en conflit ou bien vous devenez une cible pour les militaires.», a-t-il dit.
Alors que les esprits restent échauffés, les acteurs humanitaires et les élus locaux appellent au strict respect du droit international humanitaire et des règles d’engagement afin de garantir la sécurité des personnes vulnérables hébergées dans le site de Kigonze.
Rédaction