Le député national Kashinde Avodjoa Néné, s’est déclaré le samedi 16 août extrêmement préoccupé par la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire en province de l’Ituri, dont en territoire de Djugu suite aux affrontements entre les groupes armés dont la Convention pour la Révolution Populaire(CRP) et la Coopérative pour le Développement de l’Ituri (CODECO). Pour lui, il est temps que l’administration militaire reprenne ses responsabilités et que les ituriens prennent conscience pour sauver cette province.
«La principale mission assignée à l’état de siège était d’imposer complètement la paix et non négocier avec les groupes armés. Et là, l’administration militaire de l’Ituri doit tout faire pour remplir cette mission dans le respect des normes, en dissociant la population civile aux groupes armés. Chacun doit faire son travail, nous population iturienne devrons comprendre que le temps de la guerre est révolu, prenons conscience, désarmons nos coeurs, cultivons le vivre ensemble, supportons-nous mutuellement, nous devons éviter de tomber dans des pièges des ennemis, dans des manipulations», a-t-il lancé à lavoixdelituri.net.
Par ailleurs, cet élu du territoire d’Aru en Ituri plaide pour des centaines de milliers de personnes ayant fait l’expérience de déplacements multiples qui décuplent la précarité de leurs conditions de vie déjà fortement et négativement impactées par cette crise. Des déplacements qui rendent ces personnes affectées dont des enfants, des vieillards et femmes enceintes en particulier, plus vulnérables face à divers dangers ou menaces, notamment la séparation familiale.
«Je vous dis que la situation humanitaire est tellement catastrophique en province de l’Ituri. C’est ainsi que je lance un appel solennel au gouvernement central tout comme les ONG humanitaires d’intervenir en faveur de cette population sinistrée», martèle-t-il.
La situation sécuritaire, rappellet-on, s’est fortement dégradée au cours des derniers mois dans le territoire de Djugu. Selon un rapport circonstancié de la coordination des affaires humanitaires, OCHA en RDC, entre le 11 et le 13 août, une série d’attaques menées par des groupes armés dans plusieurs villages, dont Iga Barrière, a fait sept civils morts et 13 blessés, selon les autorités locales et la société civile. Ces attaques ont notamment touché les sites de personnes déplacées de Lindji, Iga 1 et Mudhu.
Cette nouvelle flambée de violence est intervenue dans un contexte de détérioration continue du contexte sécuritaire depuis un mois. Depuis le 13 juillet, des attaques et affrontements impliquant divers groupes armés et les forces armées congolaises dans les zones de santé de Nizi, Linga, Fataki et Lita ont fait 47 morts et 33 blessés.
Cette organisation ajoute que plus d’une dizaine de civils ont été également enlevés au cours de ces incidents, selon la société civile et les autorités sanitaires locale. Des sources humanitaires rapportent qu’environ 82.800 personnes ont été déplacées entre mi-juillet et mi-août vers les zones de santé de Nizi, Lita, Bambu et Mangala. Plusieurs centaines de maisons ont été pillées et incendiées. Plus de 2 300 têtes de bétail auraient été pillées au cours de ces attaques.
Rédaction