L’acteur sociopolitique Gerlas Mahamba s’est alarmé de la persistance des violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment des attaques attribuées aux ADF et aux milices. Dans une déclaration faîte le vendredi 9 octobre 2026, il a dénoncé l’impact de cette insécurité sur les populations civiles, les routes et les activités de développement.
Pour Gerlas Mahamba, les groupes armés constituent un obstacle majeur à la reconstruction du pays. Il estime que les investissements et les infrastructures restent exposés à la destruction tant que les autorités ne parviennent pas à rétablir une sécurité durable dans les zones affectées.
« Que ce soit les ADF, que ce soit les miliciens, tous sont des ennemis. Qui pouvait s’imaginer qu’un seul jour une route soit encore tracée à travers cette forêt, alors que des investisseurs mettent beaucoup de moyens en jeu, sans être protégés, face à des ennemis qui n’ont qu’une allumette
comme capital pour détruire tout ce que les autres ont investi pendant des années ? » a-t-il déploré.
L’acteur sociopolitique a également évoqué les conséquences humaines des violences. Selon lui, les populations sont contraintes de fuir les zones d’insécurité, parfois au péril de leur vie. Il a notamment fait référence à la mort d’enfants qui auraient péri en tentant de traverser la rivière Ituri pour échapper aux violences.
« Il n’y a pas quelques jours que des enfants innocents se sont fait noyer dans la rivière Ituri, vers le même coin, en cherchant à fuir toujours les gens de moindre mentalité. C’est vraiment regrettable. Nous déplorons cet acte ignoble. »
Tout en reconnaissant les efforts fournis par les autorités, Gerlas Mahamba les appelle à aller plus loin dans la restauration de l’autorité de l’État. Il demande aux responsables publics de renforcer leur implication et de mettre fin à la présence des groupes armés sur les routes et dans les communautés.« Les autorités étatiques sont en train de se battre et nous savons que ce n’est pas facile. Nous sommes en train de voir des efforts être fournis. Mais malheureusement, il y a toujours d’autres Congolais qui rendent vains tous les efforts de l’État congolais. »
Selon lui, la persistance des attaques des ADF et des autres groupes armés traduit une perte de contrôle de certaines parties du territoire national. Il appelle les gouvernants à prendre des mesures concrètes pour permettre aux habitants de circuler, d’aller aux champs et de vivre sans craindre d’être attaqués.
« Je demande aux autorités de s’impliquer davantage. Nous sommes devenus ridicules. Dans tous les coins de la RDC, dans tous les coins de l’Est, les gens sont traumatisés. Parce qu’on va aux champs, on ne sait pas ce qui peut arriver ; on voyage sur les grandes routes, même les routes nationales, mais on trouve des gens qui peuvent vous tuer à tout moment. »
Face à cette situation, Gerlas Mahamba exhorte les autorités à faire de la sécurité une priorité et à restaurer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. Il estime que la fin des attaques et la protection des civils sont indispensables pour relancer le développement, sécuriser les investissements et redonner espoir aux populations de l’Est.
« Nous exigeons quand même des gouvernants qu’ils recherchent encore, qu’ils voient un peu plus loin et qu’ils recherchent la dignité du peuple congolais. »
Pour cet acteur sociopolitique, la lutte contre les ADF ne doit donc pas être limitée aux opérations militaires. Elle doit également permettre de protéger les civils, de sécuriser les routes, de libérer les espaces publics occupés par les milices et de garantir aux enfants l’accès à l’école.
Joseph Kisuki