59ᵉ Journée Nationale du Poisson : la FECOPELA plaide pour la protection du lac Albert et des communautés riveraines

par lavoixdelituri

À l’occasion de la 59ᵉ Journée Nationale du Poisson célébrée le 24 juin sous le thème « La pêche et l’aquaculture, sources insoupçonnées d’emplois et de richesses », la Fédération des Comités des Pêcheurs du Lac Albert (FECOPELA) a lancé un appel en faveur de la préservation du lac Albert, de ses ressources halieutiques et des populations qui en dépendent.
Dans un message rendu public à cette occasion, le président de la FECOPELA, Uweci Welekano Moïse, a rappelé l’importance stratégique de la pêche et de l’aquaculture dans le développement socio-économique de la République démocratique du Congo. Selon lui, ces secteurs constituent une source essentielle de revenus pour des milliers de familles et contribuent de manière significative à la sécurité alimentaire grâce à l’apport nutritionnel du poisson.

« Le thème choisi cette année est particulièrement important pour nous qui vivons autour du lac Albert. Il nous rappelle que nos ressources en eau représentent une grande richesse pour notre pays et peuvent contribuer davantage au développement économique de nos communautés si elles sont bien gérées », a déclaré le responsable de la FECOPELA.

Cette célébration s’est toutefois déroulée dans un contexte marqué par l’épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE) qui touche certaines zones de la province de l’Ituri. En signe de solidarité avec les victimes et les familles affectées, les communautés de pêcheurs du lac Albert ont observé cette journée dans la sobriété.
Profitant de cette tribune, la FECOPELA a attiré l’attention des autorités sur plusieurs défis qui menacent la durabilité de la pêche et la survie des communautés riveraines. Parmi les préoccupations soulevées figurent la prolifération de la pêche illicite, l’utilisation d’engins prohibés, l’occupation des zones de frayères, les arrestations répétées de pêcheurs congolais par les patrouilles ougandaises ainsi que l’absence d’une harmonisation claire des réglementations de pêche entre la RDC et l’Ouganda.

La Fédération dénonce également l’insécurité persistante sur le lac Albert, marquée notamment par des vols à main armée de moteurs hors-bord, des tracasseries administratives, des extorsions ainsi que certains abus attribués à des éléments de la Force navale.
À ces difficultés s’ajoutent les attaques, pillages, enlèvements et autres exactions perpétrés contre les pêcheurs et les populations riveraines par des éléments de la FRPI, perturbant gravement les activités de pêche et la commercialisation des produits halieutiques.

La FECOPELA exprime par ailleurs ses inquiétudes face aux risques environnementaux liés aux activités d’exploration et d’exploitation pétrolières menées dans la partie ougandaise du lac Albert, susceptibles d’affecter l’équilibre écologique de cet important écosystème partagé.

Face à ces multiples défis, l’organisation appelle les autorités nationales et provinciales ainsi que les partenaires techniques et financiers à prendre des mesures concrètes pour protéger les ressources halieutiques, renforcer la sécurité sur le lac Albert et promouvoir une gestion durable du secteur.
Parmi les recommandations formulées figurent le développement de l’aquaculture moderne, l’amélioration des infrastructures de conservation et de commercialisation du poisson, la neutralisation des groupes armés actifs dans les zones riveraines ainsi que la mise en place d’un mécanisme permanent de suivi scientifique de l’écosystème du lac Albert.
La Fédération plaide également pour un renforcement de la coopération entre la RDC et l’Ouganda afin d’assurer une gestion concertée et durable des ressources partagées.

« Ensemble, protégeons le lac Albert et faisons de la pêche ainsi que de l’aquaculture un véritable moteur de développement, d’emplois et de prospérité pour notre pays », a conclu Uweci Welekano Moïse.

À travers ce plaidoyer, la FECOPELA rappelle que l’avenir du lac Albert dépend d’une mobilisation collective de tous les acteurs concernés. L’organisation estime que la protection des ressources halieutiques, l’amélioration des conditions de sécurité et la promotion d’une pêche durable constituent des priorités essentielles pour garantir les moyens de subsistance des communautés riveraines et préserver ce patrimoine naturel au bénéfice des générations futures.

David Mugisa

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