Route Bunia–Kasenyi–Tchomia : un axe négligé au prix du développement de la province? (Analyse de David Mugisa)

par lavoixdelituri

Longue d’environ 62 kilomètres, la route provinciale reliant Bunia à Kasenyi et Tchomia constitue l’un des axes les plus stratégiques de la province de l’Ituri. Elle relie le chef-lieu provincial aux localités riveraines du lac Albert et facilite les échanges commerciaux avec l’Ouganda à travers les postes frontaliers de Kasenyi et de Tchomia.

Pourtant, avec le retour de la saison des pluies, cette infrastructure se dégrade davantage, au point de devenir un véritable calvaire pour les usagers.

Sur plusieurs tronçons, notamment entre le centre de Kasenyi à proximité de la station Daniel Mugisa jusqu’à la troisième barrière militaire au village de Mandje, les bourbiers se multiplient et rendent la circulation particulièrement difficile. Les véhicules s’embourbent régulièrement, provoquant de longs embouteillages, tandis que les accidents de circulation se font de plus en plus fréquents.

Il y a environ deux semaines, un glissement de terrain survenu à quelques mètres du village de Mandje avait interrompu la circulation durant plusieurs heures, illustrant une fois de plus la vulnérabilité de cet axe routier face aux fortes précipitations.

Au-delà des difficultés de déplacement, les conséquences économiques sont importantes: les retards dans l’acheminement des marchandises, des pertes financières liées aux produits endommagés lors des trajets difficiles ou aux accidents, ainsi qu’une hausse des coûts de transport.

Cette situation perturbe les échanges commerciaux, réduit les bénéfices des opérateurs économiques et peut entraîner une augmentation des prix des produits sur les marchés locaux. Pour une province dont une partie des échanges avec l’Ouganda dépend de cet axe routier, la dégradation de ce tronçon constitue un véritable frein au développement économique et à la croissance des activités commerciales en Ituri.

À Tchomia, des initiatives locales, menées avec l’appui de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et des autorités locales, permettent d’effectuer des réparations ponctuelles afin de faciliter le passage des poids lourds. Toutefois, ces interventions demeurent insuffisantes face à l’ampleur des dégradations observées sur l’ensemble de l’axe.

Depuis plusieurs mois, les appels à une réhabilitation durable se multiplient. Organisations de la société civile, acteurs politiques et usagers réclament une intervention urgente des autorités. Il y a près de deux mois, le lancement des travaux de réhabilitation par la société Mont Gabaon avait suscité un réel espoir. Mais leur interruption quelques jours seulement après leur démarrage a ravivé les inquiétudes des populations.

Dans un vox pop réalisé par lavoixdelituri.net, plusieurs usagers ont une nouvelle fois interpellé le gouverneur militaire de la province afin que la réhabilitation de cette route figure parmi les priorités du gouvernement provincial. Selon eux, la remise en état de cet axe stratégique permettrait non seulement de sécuriser les déplacements, mais aussi de renforcer les échanges commerciaux, de soutenir les activités économiques et de favoriser la création d’emplois.

Au regard de son importance économique, sociale et stratégique, la route Bunia–Kasenyi–Tchomia demeure un véritable levier de développement pour l’Ituri. Sa réhabilitation apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour garantir la mobilité des personnes et des biens, améliorer les conditions de transport et consolider les échanges transfrontaliers avec l’Ouganda.

David Mugisa

2 commentaires

jean maurice upara 25/07/2026 à 13:46 - 13h46

Un article très intéressant.
Ce tronçon mérite effectivement une réhabilitation très urgente.

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Anonyme 25/07/2026 à 15:00 - 15h00

Exact confrère
Merci 👏🏻

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