RDC : perte progressive de la forêt du bassin congolais, en est-on conscient ?

par Redaction

Au cœur des préoccupations internationales actuelles, le changement climatique s’est illustré comme un véritable primo. Alors que les pieds de tout le globe se tiennent sur une pente glissante, les idées de se ressaisir un peu se focalisent sur des réserves des forêts du sud.

Le bassin forestier du Congo en perte !

Si les forêts du bassin du Congo, de l’Amazonie au Brésil et de l’Indonésie constituent les principales réserves au monde pour un remède au changement climatique, les premières seront bientôt loin de faire partie.
Considéré comme l’un des poumons de la planète, ce massif forestier d’une superficie d’environ 240 millions d’hectares couvre six pays à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République démocratique du Congo et la République centrafricaine.

Les forêts d’Afrique centrale contiennent plusieurs forêts primaires – qui sont des forêts intactes qui n’ont pas encore été défrichées –, et les tourbières dans la cuvette centrale du bassin du Congo, qui sont de grands puits de carbone. Emprisonnant des milliers de tonnes de carbone, les forêts du bassin du Congo jouent un rôle primordial dans la lutte contre le changement climatique, en absorbant le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

L’exploitation forestière, les activités minières, le champ, la pression démographique,… sont autant de causes de la perte des espèces forestières du bassin du Congo dans sa partie de la RDC spécialement. Une utilisation irresponsable de la biodiversité congolaise pourra bientôt amener au désastre.

«[•••] Dans nos analyses de contexte de 2020 à 2024, plus ou moins 2.500 mètres cubes de bois sont exploités et exportés. Les exploitants étrangers dans le territoire de Faradje n’utilisent qu’un seul permis pour une dizaine d’exploitants, delivré par les services étatiques affectés dans la zone, et eux, à leur tour, s’impliquent dans l’exploitation illégale des bois », avait rapporté l’an dernier à lavoixdelituri.net, monsieur Jean-Claude Malitano, coordonnateur de la société civile du territoire de Faradje en province de Haut-Uélé dans le Nord de la RDC.

« On observe que dans la province du Bas Uele, par exemple, les communautés pratiquent l’agriculture sur brûlis, ce qui exerce des pressions sur la forêt, alors que dans la province de la Tshopo, c’est la plantation forestière avec l’ouverture des routes par les concessionnaires qui cause la perte de forêt en 2022 », dit Kenmoe rapporté par Mongabay.

Il n’y a pas que là-bas ; dans des régions de la RDC en proie à l’insécurité, on peut voir plusieurs tonnes de bois exportées illégalement, mais quid des animaux, insectes, oiseaux et d’autres espèces vivantes ? Dans le parc national de Garamba les rhinocéros blacs étaient exterminés par le braconnage, attaques des groupes armés, avant que la RDC importe 16 spécimens de l’Afrique du Sud en 2023. Dans le Virunga, rien à espérer car au-delà du territoire, la biodiversité est sous l’emprise de groupes rebelles qui détruisent sans désemparer.

En un an (2021-2022), la perte de forêt tropicale primaire a augmenté de 10 % dans le monde. Parmi les régions tropicales, le bassin du Congo enregistre de grosses pertes.
Selon rapport de Global Forest Watch, « en 2022, les forêts primaires tropicales ont subi une perte totale de 4,1 millions d’hectares, correspondant à la disparition de 11 terrains de football par minute ». La RDC reste le pays le plus affecté par cette perte avec 76 311 hectares en 2022.

Où est le droit de l’environnement ?

La tripartite du rôle de droit de l’environnement soit, préventif, dissuasif et curatif est visiblement foulé au pied en RDC. Si ce droit est passif à travers le monde, dans le pays de Lumumba il reste mou, car il suffit d’avoir un peu de papier comme autorisation, pour commettre un grand dégât environnemental.

Abordé par lavoixdelituri.net, un exploitant forestier, sans s’inquiéter, dit penser seulement à son intérêt : «nous, nous exploitons comme nous voulons, une fois que nous avons l’autorisation des autorités. Elles viennent ici pour leurs taxes et nous payons régulièrement ». Aucune réglementation, aucune contrainte face à la menace sur la biodiversité, c’est la jungle ?

Où sont passés les gestes des pollueurs-payeurs ?

Dans une dynamique tendant à restaurer les pertes causées, l’humanité s’est arrangée sur le principe de pollueur-payeur qui consiste à mobiliser des fonds par des pays pollueurs en faveur de ceux hébergeant des forêts pour des actions curatives. Pour la RDC et d’autres pays du bassin du Congo, de l’Amazonie, de l’Indonésie, ces pays en pôle industriel mobilisent des fonds.

Selon un article de 7sur7.cd, en 2022, la RDC a pris l’engagement à travers le Fonds Forestier National de planter 1 milliards d’arbres dans le cadre du reboisement, comme assigné à la COP 26 à Glasgow en novembre 2021. A ces assises climatiques mondiales, la République démocratique du Congo a consenti de maintenir son couvert forestier, notamment par la régénération et le reboisement. En contrepartie, les bailleurs de fonds débloqueront 1 milliard de dollars sur une période de 10 ans (entre 2021 et 2031). Où en est-on ? 4 ans plus tard, évalue-t-on ce projet ? Ceci n’est qu’un exemple. Ces fonds ont-ils aujourd’hui des impacts sur le gestion des forêts en RDC ? En dépit de cela, pourquoi la perte est toujours pendante ?

Des organisations et le gouvernement doivent se fixer sur des bonnes politiques pour une gestion responsable de la biodiversité congolaise, sinon la forêt du bassin du Congo est en voie de sa disparition.

Moïse Ulang’u

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