C’est autour de 5 heures, le matin de ce vendredi, 27 juin 2025 qu’un coup de tonnerre a frappé le site de déplacés de Djangi, proche de Drodro, dans la chefferie des Bahema Nord. Des éléments armés de la milice Coopérative pour le Développement du Congo, CODECO qui, selon des témoignages sur place, sont venus en coalition en provenance des secteurs des Walendu Djatsi, Walendu Tatsi et Walendu Pitsi ont signé leur incursion sans pardon pour exécuter des personnes sans défense ni protection.
Une campagne meurtrière lancée et opérée, dans cette partie du territoire de Djugu. Des morts, au nombre de 11 ont été documentés. Mais 15 autres personnes sont sorties avec des blessures, avancent des sources concordantes.
«[•••] c’était vers 8 heures que la CODECO s’est retirée (de Djangi). La plupart des morts sont des enfants. Ils ont opéré avec les machettes et fusils. Ils sont venus accompagnés de leurs populations du côté de Uzi [•••]», rapporte le professeur émérite Pilo Kamaragi, membre du conseil économique et social de la RDC basé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le Nord-est du pays.
La société civile de la chefferie des Bahema Nord déplore la non intervention des militaires FARDC et ceux des casques bleus de la MONUSCO. «là où on a massacré la population civile, c’est tout autour d’un grand camp de la MONUSCO à Djangi et il y a un commandant régiment des FARDC dans le milieu, on a pas assuré correctement la protection de ces déplacés, ils ont été laissés à leur triste sort», regrette Charité Banza Bavi, président de la société civile de Bahema Nord. Si l’armée promet se prononcer ultérieurement, la MONUSCO elle, dit être intervenue au côté des FARDC après que ces miliciens ont commis leur acte, à en croire la Radio CANDIP.
Et le dialogue de paix d’Aru ?
Une attaque qui intervient juste à la dernière journée du dialogue de paix qui se tenait pour la deuxième fois depuis le début de la semaine en commune d’Aru, dans l’autre territoire Iturien portant le même nom. Les participants étaient non seulement les groupes armés locaux de l’Ituri, mais aussi des membres des associations culturelles, des leaders communautaires et autorités.
Pour ce dernier jour, l’association culturelle Ente qui regroupe le peuple Hema, accompagnée des groupes armés de l’autodéfense et MAPI (Mouvement d’Autodéfense Populaire de l’Ituri), a claqué la porte pour dénoncer et condamner ce massacre de ses membres.
«[•••] l’association culturelle Ente et alliés décide de suspendre sa participation des pourparlers de paix d’Aru 2 pendant cette période de deuil ; exige l’identification et l’arrestation immédiate des auteurs de cet acte odieux ainsi que leur déferrement devant les instances judiciaires en flagrance ; (…) ; confirme son engagement pour la recherche de la paix malgré ces crimes contre elle [•••]», peut-on lire dans une déclaration de Ente parvenue à lavoixdelituri.net
Par conséquent, un protocole de paix qui devrait être signé par tous les six groupes armés présents au dialogue, n’a été paraphé que par les mouvements : CODECO, FRPI, FPIC, Chini ya Tuna après le retrait de l’autodéfense et MAPI.
L’on est fatigué !
L’attaque de CODECO ce vendredi est la énième. Les gens en ont visiblement marre. Jusqu’à quand ? Que réclame-t-elle réellement depuis tout ce temps ? Même l’association culturelle LORI qui regroupe le peuple Bbale dit Lendu «condamne la tuerie au site de Djangi. Tous nous étions engagés pour la paix, c’est ce qui justifie notre présence ici à Aru. Avec beaucoup de tristesse, nous regrettons ce comportement criminel», a dit Mateso Mbuchu, président de LORI.
Les corps des victimes entendent le programme d’enterrement, alors que les blessés sont pris en charge par les contingents de la MONUSCO.
Rédaction