Insécurité à Mambasa : la société civile décrète une journée ville morte et un incivisme fiscal de 6 mois

par lavoixdelituri

​À l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue le dimanche 9 août 2026 à Mambasa, la société civile forces vives du territoire a dressé un bilan sombre de la situation sécuritaire et annoncé de fortes mesures de protestation.

​Au cœur des préoccupations figure l’intensification des exactions attribuées aux rebelles ADF/NALU, couplée à une hausse de la criminalité urbaine marquée par des vols et cambriolages à main armée.

​Selon Mugenyi Yuma Imurani, coordonnateur de la société civile de Mambasa, la menace rebelle s’est désormais étendue sur plusieurs entités.

L’activisme des ADF touche particulièrement la chefferie de Babila Babombi, au niveau des groupements Njiapanda bela, Bangole, Bakaiko et Bapongomo, ainsi que la chefferie de Babila Bakwanza, plus précisément dans les groupements Bakwanza et Baku.

​D’après les données présentées par la société civile, plus de 100 personnes ont perdu la vie au cours du seul mois de juillet. Récemment, une attaque perpétrée à environ 4 km du centre-ville de Mambasa sur la Route Nationale 4 (axe Mambasa-Kisangani) a coûté la vie à plus de 13 personnes dans le groupement Bapongomo.

​« À Mambasa, nous vivons le vol et les cambriolages à main armée, et aussi le grand phénomène de l’ennemi ADF/NALU. Pour le seul mois de juillet, il y a plus de 100 personnes qui ont perdu leur vie », a déploré le coordonnateur lors de sa déclaration.

​Ces violences provoquent des déplacements massifs de population vers le centre de Mambasa, plongeant les déplacés, notamment les peuples autochtones pygmées, dans une détresse humanitaire sans assistance.

​Face à l’urgence, les membres de la société civile ont acté le déclenchement d’une journée « ville morte » ce mercredi 12 août 2026 sur toute l’étendue du territoire en hommage aux victimes. Cette initiative sera immédiatement suivie, dès le jeudi 13 août et pour une durée de six mois, d’une campagne d’incivisme fiscal.

​Par ce levier de pression, la société civile entend pousser le gouvernement central à doter la 31ᵉ brigade des FARDC d’équipements militaires adéquats, de moyens logistiques, de véhicules d’intervention rapide et d’un renfort significatif d’effectifs pour relever le défi sécuritaire auquel la population fait face dans ce territoire.

​Mugenyi Yuma Imurani a vivement interpellé les forces régulières et les partenaires internationaux pour un redressement de la situation.

«Ces partenaires qui sont venus appuyer l’armée congolaise doivent nous aider. L’UPDF travaillait au début, mais ces derniers jours on ne voit plus son impact. La MONUSCO doit travailler pour l’intérêt de la communauté pour que Mambasa soit en paix. »

Rédaction

Laisser un commentaire

Vous aimerez peut-être aussi