À l’occasion de la Journée internationale de l’accès à l’information, les professionnels des médias en Ituri tirent la sonnette d’alarme. Entre la gestion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, le régime exceptionnel de l’état de siège et un déficit de communication officielle de la part des autorités provinciales, l’exercice du journalisme s’apparente désormais à un véritable parcours du combattant.
Sous le régime de l’état de siège, la province est actuellement dirigée par des autorités militaires. Cette situation exceptionnelle s’accompagne de restrictions sévères sur la circulation et le traitement des informations sensibles.
Dans cette province en proie à des affrontements récurrents entre groupes armés et forces loyalistes, le travail de vérification devient extrêmement complexe. Face aux risques d’embrasement, la profession avoue avoir instauré une forme d’autocensure.
Selon Rachidi Kudra, porte-parole du Collectif des Journalistes de l’Ituri, CJI, les journalistes sont contraints de traiter plusieurs informations sécuritaires avec une extrême retenue pour éviter d’envenimer davantage la situation sur le terrain.
L’un des principaux griefs formulés par la presse concerne le déficit de communication officielle lors des récents événements sécuritaires. Alors que des affrontements et des attaques ont été signalés dans le territoire de Djugu — notamment au niveau de Drodro, Gina ou encore Rho —, les journalistes déplorent l’absence de bilans ou de clarifications émanant du gouvernement provincial et des autorités militaires.
Il souligne que les journalistes ne savent plus exactement si qui est habilité à communiquer au nom des autorités pour assurer ce devoir de redevabilité envers la population. Pour lui, ce manque de transparence est contre-productif. Privée d’informations fiables et vérifiées, la population se retrouve plongée dans le noir, ce qui favorise directement la propagation de fausses rumeurs et de la désinformation.
Les journalistes rappellent à ce sujet le rôle crucial qu’ils ont joué dans la sensibilisation et la prévention contre Ebola, prouvant ainsi que l’accès à une information exacte permet de sauver des vies.
En dépit de ces obstacles et de l’insécurité qui prévaut dans les zones rouges, des démarches sont entreprises par le CJI auprès de la nouvelle administration provinciale afin d’établir un dialogue permanent. Les médias demandent instamment aux autorités, aux élus, à la société civile et aux responsables locaux de faciliter l’accès aux sources d’information et d’assurer la protection des journalistes sur le terrain.
Un appel au courage et à la persévérance a également été lancé à l’endroit de tous les professionnels des médias de la province afin qu’ils poursuivent leur travail avec détermination, tout en respectant scrupuleusement le code d’éthique et de déontologie.
Rédaction