La coordination nationale de la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo a justifié le retard des paiements des prestataires de soins par plusieurs facteurs, notamment le recrutement de personnel supplémentaire en dehors du dispositif initial, des écarts entre les barèmes appliqués par le gouvernement et certains partenaires, ainsi que des contraintes logistiques pour acheminer les fonds.
Dans une déclaration le weekend dernier, le professeur Pierre Akilimali, indique que certaines zones de santé avaient recruté du personnel additionnel au début de l’épidémie sans validation préalable des autorités compétentes, ce qui aurait créé un décalage entre les listes initiales et les personnes réellement mobilisées sur le terrain.
Il précise que ces agents ont néanmoins contribué aux activités de riposte et que le gouvernement a décidé de les rémunérer également pour le travail effectivement accompli.
Trois facteurs avancés
Pierre Akilimali évoque trois principales causes du retard de paiement :
- Le premier facteur est l’intégration de personnels recrutés hors du dispositif initial, ce qui a modifié les prévisions budgétaires.
- Le deuxième tient aux différences de primes entre celles versées par le gouvernement et celles payées par certains partenaires, créant selon lui des incompréhensions et un sentiment d’injustice parmi les agents.
- Le troisième concerne les contraintes logistiques, notamment l’acheminement des liquidités vers les zones affectées.
Pour l’incident manager de la riposte, un travail de vérification et d’actualisation des listes du personnel engagé dans la riposte est en cours, avec un processus de digitalisation, afin d’aboutir à une liste unique, fiable et validée. Il affirme que cet exercice devrait être finalisé dans les deux prochaines semaines.
«le gouvernement est conscient que les retards de paiement affecte les motivations des prestataires des soins. Ils peuvent fragiliser l’efficacité de la riposte, c’est pourquoi des mesures concrètes sont déjà mises en œuvre pour résoudre les difficultés immédiates tout en apportant les solutions durables aux défis structurels», dixit-il.
Le responsable de la riposte dit que le gouvernement a déjà engagé plusieurs actions pour corriger la situation, notamment la prise en charge des agents recrutés en dehors des listes initiales, l’organisation de vols spéciaux vers Bunia pour sécuriser le transport des liquidités, et le recours progressif au paiement numérique.
Moïse Ulang’u