Ebola : des éclaircissements sur la présence des médecins Ougandais en Ituri

par Redaction

Face aux impératifs sanitaires et à la porosité des frontières, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda ont mis en place depuis quelques jours, des équipes médicales mixtes à la frontière entre les deux pays afin de contenir la propagation de la maladie à virus Ebola, sous le leadership scientifique congolais.

​« Le virus n’a pas de frontières », a rappelé d’emblée le professeur Pierre Akilimali.

Il soulignant que la RDC et l’Ouganda partagent une longue limite territoriale et que les premiers cas enregistrés sur le sol ougandais provenaient de la RDC. Le patron de la riposte a insisté sur la nécessité d’une réponse bilatérale coordonnée.

Pour l’heure, les opérations se concentrent dans deux zones de santé frontalières stratégiques de la province de l’Ituri : ​Aru, qui fait directement face au district Ougandaise d’Arua et ​Tchomia, située à la limite avec ce pays voisin, sur les rives du lac Albert.

​Pour formaliser cette dynamique, un protocole d’accord a été signé entre Kinshasa et Kampala. Ce dispositif impose un contrôle mutuel et strict des flux migratoires de part et d’autre de la frontière afin d’éviter qu’une personne infectée ne propage la maladie dans le pays voisin.

​Sur le terrain, cette collaboration se matérialise déjà par le déploiement d’équipes sanitaires mixtes, associant des experts congolais et ougandais.

​Au-delà de l’enjeu strictement médical, le succès de cette surveillance transfrontalière conditionne directement l’économie locale. Actuellement, la fermeture des frontières ougandaises asphyxie la région et pose de sérieux problèmes d’approvisionnement. L’objectif des deux gouvernements est donc de sécuriser mutuellement les zones frontalières afin de permettre, à terme, une réouverture sereine et durable des points de passage.

​Face à certaines inquiétudes ou critiques locales déplorant la présence de prestataires étrangers, le professeur Akilimali a tenu à remettre les pendules à l’heure avec fermeté. Il a rappelé que la RDC possède une expertise mondialement reconnue. Le pays faisant face à sa 17ème épidémie d’Ebola.

« Personne ne peut venir nous apprendre comment gérer une épidémie d’Ebola », a-t-il martelé.

​Toutefois, le coordonnateur national a plaidé pour le pragmatisme et le sens du devoir.

​« Dans la recherche, dans la prise en charge, l’humilité précède la gloire. Si nous pouvons utiliser une expertise quelque part pour sauver nos populations d’Aru et de Tchomia, pourquoi ne pas le faire ? »

​Il a conclu en rassurant l’opinion publique : ces équipes ougandaises n’agissent qu’au niveau strict de la frontière et viennent en appui aux équipes de la RDC. Ce sont bel et bien les professionnels de santé congolais qui pilotent et gèrent l’ensemble des opérations sur le territoire national, a-t-il rassuré.

Moïse Ulang’u

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