Une séance de dialogue civilo-militaire réunissant communautés locales et services de sécurité s’est clôturée le week-end dernier à Tchomia, dans le territoire de Djugu. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet de soutien à la paix et à la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Facilitée par le Bureau du Haut Représentant du Chef de l’État en Ituri, l’initiative visait à renforcer la confiance entre les populations riveraines du lac Albert et les forces de défense et de sécurité.
Au terme des échanges, plusieurs résolutions ont été adoptées. Il s’agit notamment de la mise en place d’un cadre conjoint de concertation réunissant autorités coutumières, services de sécurité, pêcheurs et acteurs de la société civile. Les participants ont également insisté sur la nécessité de mettre fin au pillage des poissons, aux pratiques d’extorsion et au monnayage illégal de la réglementation de la pêche.
Parmi les décisions importantes figure aussi la volonté de mettre un terme à l’implication de la Force navale dans la gestion de la pêche, en limitant son rôle strictement aux missions de sécurisation. En parallèle, les pêcheurs ont pris l’engagement de soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment par des contributions en poissons dans les camps de pêche.
De son côté, la Fédération des Comités des Pêcheurs du Lac Albert (FECOPELA), à travers son président, Moïse Uweci Wele, a formulé une série de recommandations en vue de renforcer la sécurité, la gouvernance et la cohabitation pacifique sur le lac Albert et son littoral.
Parmi ces recommandations figurent l’interdiction pour les éléments de la Force navale d’exercer des activités lucratives incompatibles avec leurs missions, la fin des actes de pillage et d’extorsion, ainsi que le retrait de cette unité des fonctions de régulation de la pêche. La FECOPELA appelle également à la mutation des éléments de la Force navale affectés depuis plus de vingt ans sur le lac Albert, une mesure jugée nécessaire pour assainir les pratiques.
L’organisation recommande en outre l’ouverture d’enquêtes transparentes et crédibles sur les abus et tracasseries commis contre les pêcheurs, impliquant à la fois certains éléments de la Force navale et des miliciens de la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI). Elle plaide également pour le renforcement du dispositif sécuritaire afin de lutter contre les vols à main armée du matériel de pêche.
L’organisation plaide en outre pour un déploiement accru des forces de sécurité sur le littoral afin de mieux protéger les communautés riveraines contre les groupes armés et autres menaces.
À travers ces engagements, les différentes parties prenantes entendent instaurer une séparation claire entre les missions militaires et la gestion des ressources halieutiques, tout en œuvrant pour le rétablissement d’un climat de confiance, de sécurité et de justice au profit des pêcheurs.
Les participants ont, enfin, réaffirmé leur volonté commune de promouvoir la paix, la sécurité et la cohabitation harmonieuse autour du lac Albert.
David Mugisa