Le centre commercial d’Ariwara va enfin sortir de sa léthargie. Ceci interviens après cinq jours de paralysie totale qui ont asphyxié l’économie locale, la vie reprend officiellement ce vendredi 1er mai 2026. L’annonce a été faite ce jeudi 30 avril par le colonel Robert Mande Buemba, administrateur militaire adjoint du territoire d’Aru, au terme d’une réunion élargie du comité local de sécurité tenue dans la salle du Renouveau charismatique d’Ariwara. C’est en territoire d’Aru, dans la chefferie des Zaki, à quelques 345 kilomètres de la ville de Bunia, au nord-est de la République Démocratique du Congo.
Devant une salle comble, composée des forces vives de la chefferie des Zaki, des opérateurs économiques exaspérés, des leaders communautaires, des chefs coutumiers et des responsables des services de sécurité, l’autorité territoriale a tenu un discours ferme et rassurant.
«fini la ville morte. Tout recommence à la normale à partir de ce vendredi 01 mai courant», a martelé le colonel Mande Buemba, sous les regards attentifs d’une population qui attendait ce mot d’ordre depuis dimanche.
Cette réunion décisive intervenait 24 heures seulement après le dépôt d’un mémorandum accablant par les forces vives de la chefferie des Zaki. Dans ce document, la société civile dressait un bilan sombre : braquages à répétition, assassinats ciblés, kidnappings d’enfants, et surtout, ce qu’elle qualifiait d’« inaction et d’affairisme » de certains services de sécurité. Pour exprimer leur ras-le-bol, les habitants avaient décrété une journée ville morte depuis le 26 avril, fermant marchés, boutiques, banques et dépôts dans ce carrefour commercial stratégique, frontalier avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Pendant plus de trois heures, les échanges ont été directs, parfois tendus, mais constructifs. Les délégués de la population ont rappelé, cas par cas, les braquages et les meurtres qui endeuillent Ariwara depuis plusieurs mois. De leur côté, les autorités ont reconnu la gravité de la situation et promis des actions immédiates. Le colonel Robert Mande Buemba s’est engagé à renforcer les effectifs et les patrouilles de la Police Nationale Congolaise, à évaluer le comportement des agents de sécurité déployés sur le terrain, et à ouvrir des enquêtes approfondies pour démanteler les réseaux criminels qui opèrent dans la zone.
Pour les milliers de commerçants et d’habitants d’Ariwara, la levée de la ville morte est un immense soulagement. Depuis dimanche, l’économie tournait au ralenti. Les pertes sont énormes pour ce centre de négoce qui alimente une grande partie de l’Ituri en produits manufacturés. Dès l’aube de ce vendredi 1er mai, les rideaux métalliques vont se lever, les marchés vont reprendre leur animation habituelle, et les camions de marchandises pourront de nouveau circuler.
Les forces vives de la chefferie des Zaki ont salué l’écoute des autorités mais restent prudentes. Elles conditionnent la paix sociale à la matérialisation rapide des engagements pris.
«Nous allons observer. La population veut des actes, pas des promesses», a confié un notable à la sortie de la salle.
Un appel à la vigilance et à la collaboration avec les services de sécurité a également été lancé pour dénoncer toute présence suspecte.
Ariwara retient son souffle. Ce 1er mai 2026 marque-t-il le début d’une nouvelle ère sécuritaire pour la chefferie des Zaki ? Les prochains jours seront déterminants.
Rédaction