Face à la dégradation sécuritaire et à la résurgence des défis sanitaires dans l’est de la République Démocratique du Congo, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kabeya, a tiré la sonnette d’alarme lors d’un point de presse tenu mercredi à Kinshasa.
Le patron de l’agence sanitaire continentale a fermement plaidé pour l’établissement d’un corridor sécurisé afin de permettre aux équipes médicales d’intervenir sans mettre leur vie en péril.
« On ne peut pas aller soigner des gens et être victime de balles. Notre appel est que l’insécurité s’arrête. On a besoin de ce corridor. Ébola ne sait pas faire la distinction entre un rebelle et une population », a déclaré Jean Kabeya, dans les propos recueillis par Top Congo FM.
Cette prise de parole rappelle une réalité biologique dramatique : les épidémies ne connaissent ni frontières ni lignes de front. L’insécurité chronique et les attaques armées entravent l’accès aux zones touchées, empêchant le suivi des contacts et la prise en charge des malades.
En réclamant la fin des hostilités et un accès sécurisé, l’Africa CDC rappelle l’urgence d’une neutralité humanitaire. Sans une cessation immédiate de l’insécurité dans les zones à risque, la lutte contre l’épidémie d’Ébola risque d’être compromise, exposant l’ensemble de la population — civils comme combattants — à une catastrophe sanitaire majeure.
Rédaction