Bunia : la population exposée à plus de 50 endroits menacés par les érosions et inondations

par Redaction

La ville de Bunia est la capitale de la province de l’Ituri, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo. Elle est une entité urbaine depuis 2013, mais sa population reste sous le joug des problèmes naturels à l’occurrence des catastrophes.

D’après une étude menée depuis 2019, par les professeurs Fils Makanzu et Jean-Claude Mateso, enseignants visiteurs à l’ISP-BUNIA, la ville compte plus de 50 sites menacés par des catastrophes naturelles dont les érosions et les inondations. Parmi ces sites, 25 sont les plus exposés avec des dégâts énormes récurrents.

Les quartiers les plus touchés sont Sukisa (exposé aux érosions), Salongo, une bonne partie du quartier Ngezi (menacée par les inondations), et autres.

La population face aux dangers de construction anarchique

Tout ce que l’on peut dire de la loi n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan : les services spécialisés et les habitants restent aveuglés et ne voient pas les risques des constructions anarchiques. L’argent est mis au claire et le risque de mort, la destruction des biens sont ignorés.

Au quartier Salongo, dans l’avenue Mwamba, une érosion dont l’aléa est constitué des eaux de ruissellement et un petit ruisseau, s’est élargie au fil du temps au regard de l’érodabilité faite de granite. Ici, plus de 8 maisons sont menacées d’effondrement. D’autres présentent déjà des fissures avec plusieurs risques sur la vie des habitants. La même situation est observée au quartier Ngezi, dans l’avenue Poko-BIS où au moins 7 maisons sont en permanent danger, présenté par une érosion.

Si vers le pont Muchanga, la rivière Nyamukau a détruit plusieurs maisons d’habitation, d’ailleurs immergées dans des sables à cause de leur construction sur le lit majeur du cours d’eau, à Bigo, sur l’avenue Labo, la rivière Ngezi continue à tirer l’attention des habitants ayant construit dans son lit. Lors des inondations, c’est le calvaire de la population riveraine des rivières Nyamukau et Ngezi. Les facteurs agravants sont des déchets, l’exploitation de sable par la population, les types de sol et les méandres des rivières.

La question reste pendante au sein de l’opinion : comment les services étatiques octroient des titres immobiliers, des permis de construire,… dans ces zones en risques ?

«[•••] lorsqu’il y a des périodes de pluviométrie élevée comme maintenant (mai, juin et juillet), ces populations courent un grand danger, parceque quand le lit majeur est occupé, ces maisons s’y trouvant, sont emportées, avec des dégâts énormes [•••]», renseigne Justin Bassa, enseignant au département de Géographie et Gestion de l’environnement à l’ISP-BUNIA.

Des constructions dans des zones en risques d’érosion et d’inondations sont toujours visibles à travers le chef-lieu de l’Ituri. Le moins que l’on puisse dire est que la vie de la population passe outre et l’argent est mis en avant plan, lors de l’octroi des parcelles à Bunia.

Moïse Ulang’u

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