Récemment médaillé à Kinshasa, Jean-Marc Mazio est officiellement devenu « Dignitaire d’État ». Une distinction honorifique qui vient couronner plus de vingt ans d’un travail acharné, souvent risqué, en faveur de la consolidation de la paix, du droit des femmes et de la protection de l’enfance en République Démocratique du Congo, et particulièrement dans la province de l’Ituri.
Pour Jean-Marc Mazio, cette médaille reçue il y a une semaine à Kinshasa est bien plus qu’une simple décoration : c’est un puissant réconfort.
«Nous avons noté la reconnaissance de la République par rapport à notre modeste personne », confie-t-il avec émotion.
Pour lui, le message envoyé par les plus hautes autorités du pays est clair : aucun acte posé pour le bien de la communauté ne passe inaperçu. Ce brevet de mérite agit comme un catalyseur qui lui donne, ainsi qu’à ses équipes, « encore plus de force » pour continuer à servir la nation.
Le parcours de Jean-Marc Mazio est indissociable de l’histoire contemporaine de l’Ituri. Depuis plus de deux décennies, il s’investit dans des secteurs hautement sensibles : la paix, le genre et les droits de l’enfant.
Un engagement de longue haleine entamé à une époque où le contexte était bien différent..Il se rappelle notamment des débuts, lorsqu’il fallait introduire des concepts comme la place de la femme dans la société ou la protection de l’enfance, souvent sous l’incompréhension générale.
«À cette époque, ces initiatives ne bénéficiaient d’aucun soutien financier contrairement à aujourd’hui.», disait-il.
Interrogé ce lundi, 6 juillet à Bunia sur les difficultés rencontrées, le nouveau Dignitaire d’État évoque un environnement complexe et parfois frustrant notamment le manque de contrôle final : en matière de médiation, les acteurs de terrain n’ont pas le dernier mot. Malgré la sensibilisation et la signature d’actes d’engagement par les parties prenantes, le non-respect des accords reste un défi majeur.
Rappelant qu’il a commencé ce combat alors qu’il était lui-même très jeune, il exhorte la nouvelle génération à travailler avec abnégation et à viser l’excellence.
« Quand vous travaillez, il faut travailler avec engagement. Même si vous n’êtes pas récompensé aujourd’hui, la justice de Dieu existe. Un jour, la République va reconnaître vos efforts. Cultivons le souci de l’excellence et le souci d’aider notre nation, surtout les personnes les plus vulnérables.», a-t-il conclu.
Moïse Ulang’u