Malgré les instructions des autorités provinciales interdisant les barrières militaires intempestives, plusieurs postes de contrôle sont de nouveau signalés sur l’axe routier reliant Tchomia à Bunia, en Ituri. La Coordination de la société civile du Congo (COCICO), secteur des Bahema Sud, dénonce une situation qui, selon elle, pénalise fortement les usagers de cette route.
Dans une correspondance adressée au gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-Major Gaby Kasongo, la structure citoyenne tire la sonnette d’alarme sur la résurgence de ces postes de contrôle, en dépit des instructions antérieures ordonnant leur suspension.
Signée par son coordonnateur, Prince Bahinduka, la correspondance fait état de plusieurs points de contrôle le long de l’axe Tchomia-Bunia. Selon la société civile, les conducteurs de motos-taxis assurant la liaison entre les deux agglomérations seraient contraints de verser de l’argent à chaque passage.
D’après la COCICO, 500 francs congolais seraient exigés à chaque barrière. Au total, les paiements cumulés représenteraient près de 7 000 francs congolais par jour pour un seul conducteur de moto.
La structure signale également qu’à certains points de contrôle, les usagers se verraient réclamer un document d’impôt local appelé « Palata ». Elle estime que cette pratique entretient une confusion, ce document relevant en principe des prérogatives des autorités de la chefferie ou du secteur.
Pour la société civile, la multiplication de ces barrières et les sommes exigées constituent une charge supplémentaire pour les transporteurs et risquent d’affecter la mobilité des personnes ainsi que les activités économiques dans les agglomérations de Kasenyi et Tchomia.
Face à cette situation, la COCICO appelle le gouverneur militaire de l’Ituri à intervenir rapidement afin de faire respecter les instructions relatives à la suppression de ces postes de contrôle.
L’appel est également adressé au chef de secteur des Bahema Sud, André Kataloho Takumara, et Yves Kahwa Panga de la chefferie des Bahema banywagi, ainsi qu’aux responsables locaux des services de sécurité, notamment l’ANR, la DGM, les FARDC et la Police nationale congolaise.
La société civile demande enfin le démantèlement de ces barrières, qu’elle qualifie d’illégales, et le rétablissement de la libre circulation des personnes et de leurs biens sur l’axe Tchomia-Bunia.
Rédaction