Le ministre congolais de la Santé a réagi aux soupçons de détournement de fonds évoqués par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) dans le cadre de la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo. Il affirme que le gouvernement ne parvient, à ce jour, qu’à retracer une partie des financements mobilisés par les bailleurs.
Selon le ministre, les fonds destinés à la riposte ne sont pas directement versés au gouvernement congolais, mais aux partenaires internationaux chargés de la mise en œuvre des activités sur le terrain.
« Les fonds mobilisés par les bailleurs pour la riposte contre Ebola sont directement versés aux partenaires internationaux, agences de mise en œuvre. À ce jour, le Gouvernement congolais n’a pu retracer que 220 000 000 USD », a-t-il déclaré.
Face aux préoccupations liées à la gestion de ces ressources, le ministre rappelle qu’une décision avait déjà été prise avec la Première ministre afin de renforcer le contrôle des organisations intervenant dans la riposte.
« Avec la Première ministre, cheffe du Gouvernement, nous avions déjà décidé que seules les agences accréditées par l’Institut national de santé publique pourraient intervenir sur le terrain », a-t-il précisé.
Cette accréditation doit permettre aux autorités de disposer d’informations précises sur les financements et les activités menées par chaque partenaire.
« Cette accréditation exige notamment de renseigner l’origine des financements, les objectifs poursuivis et le niveau réel d’exécution des activités », a expliqué le ministre.
Toutefois, le niveau de participation des partenaires reste faible. Depuis plusieurs semaines, les agences de mise en œuvre ont reçu un formulaire destiné à recueillir les informations nécessaires sur leurs interventions et leurs financements. Mais seules environ 22 % d’entre elles l’auraient rempli à ce jour.
« Depuis quelques semaines, tous les partenaires de mise en œuvre ont reçu le formulaire à remplir pour fournir ces informations. Seuls environ 22 % d’entre eux ont renseigné le formulaire », a-t-il regretté.
Pour le gouvernement congolais, la transparence constitue désormais une exigence incontournable dans la conduite de la riposte contre Ebola.
« Notre exigence est claire : la transparence doit être totale. La riposte repose sur un seul plan, un seul budget et une seule coordination », a-t-il affirmé.
Tout en appelant les partenaires à davantage de redevabilité, le ministre a salué l’engagement de ceux qui contribuent effectivement à la lutte contre Ebola en RDC.
« Je remercie tous les partenaires qui soutiennent effectivement la lutte contre Ebola en RDC », a-t-il conclu.