Face aux épidémies récurrentes de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo, les équipes sanitaires cherchent à adapter au mieux leurs outils de riposte. Dans une conférence de presse ce lundi, 10 août à Bunia, la Docteure Marie Roseline Bélizaire, Directrice régionale des urgences de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en RDC, a fait le point sur les capacités et les limites actuelles du vaccin Ervebo.
Homologué depuis 2020, le vaccin Ervebo est spécifiquement conçu pour lutter contre la souche Ebola Zaïre. Utilisé avec succès lors de la grande épidémie qui a frappé le pays entre 2018 et 2020, il a largement fait ses preuves sur le terrain.
Cependant, l’apparition de l’espèce Bundibugyo pose un nouveau défi. Comme le rappelle la Docteure Bélizaire, « il n’y a pas encore de vaccin spécifique contre le Bundibugyo ». Pour répondre à cette urgence, des recherches ont été menées à l’échelle internationale afin de vérifier si l’Ervebo pouvait offrir une protection croisée contre cette autre forme du virus.
Les premiers essais réalisés en laboratoire sur des animaux suggèrent que cette protection est envisageable. Pour valider scientifiquement cette hypothèse chez l’être humain, l’OMS a recommandé de mener des essais cliniques.
C’est dans ce cadre que la Docteure Marie Roseline Belizaire a précisé que « des discussions sont en cours pour voir quelles sont les modalités de mise en œuvre de cet essai clinique pour vérifier si le vaccin Ervebo peut avoir une protection croisée contre le virus Bundibugyo », ouvrant ainsi la voie à une potentielle avancée majeure dans la riposte épidémique en RDC.
Moïse Ulang’u