Bunia : des sourds-muets dénoncent un projet de spoliation de leur terrain à Ndibakodu (mémorandum)​

par lavoixdelituri

À travers un mémorandum officiel rendu public ce jour, l’Association des Sourds de la Province de l’Ituri (ASPI), agissant sous la coordination du Centre et Cercle Éducatif PRORESO, tire la sonnette d’alarme. L’organisation a officiellement saisi le Gouverneur Militaire de la province pour dénoncer ce qu’elle qualifie de projet d’appropriation illicite d’une concession dédiée aux personnes vivant avec un handicap auditif. Signé par sa présidente, Madame Neema Tchombe Jacqueline, ce document interpelle l’opinion publique et les autorités sur la menace imminente qui pèse sur ce bien d’utilité publique.

Ces personnes vivant avec handicap ont effectué une marche pacifique ce jeudi, 13 août en ville de Bunia avant d’aller déposer leur mémorandum à l’autorité provinciale.

​Au cœur du litige se trouve un terrain initialement destiné à accueillir des infrastructures socio-éducatives indispensables pour l’encadrement des personnes sourdes-muettes et d’autres catégories vulnérables de Bunia.

Sur des affiches qu’elles détenaient, on pouvait lire, «où est notre place dans la société ?», «c’est parce que nous ne parlons pas ?», «nous marginaliser c’est se moquer de Dieu», «après avoir vendu même mes routes, ils veulent notre terrain», «notre requette n’est pas à négliger»,…

L’ASPI déplore des manœuvres répétées d’occupation et d’appropriation par des tiers, risquant d’entraîner le détournement définitif de la vocation sociale du site.

​Les bénéficiaires expriment leur vive inquiétude face à la remise en cause de l’affectation initiale du terrain et à l’opacité qui entoure certaines décisions foncières.

L’association souligne une dégradation récente de la situation, constatant que des individus continuent de s’implanter sans titre sur la parcelle, en dépit d’un dossier judiciaire pendant.

​Face à cette urgence, la direction de l’ASPI réclame une intervention rapide des pouvoirs publics. L’association demande un contrôle rigoureux de la situation juridique et foncière du terrain, assorti de la suspension immédiate de toute opération susceptible de compromettre sa destination initiale.

​Elle insiste également sur l’obligation d’identifier clairement toutes les personnes physiquement ou moralement impliquées dans cette tentative de spoliation. Pour l’ASPI, l’autorité provinciale doit garantir la protection intégrale de ce patrimoine, engager des mesures administratives et judiciaires contre les spoliateurs et privilégier un dialogue direct avec les représentants des bénéficiaires.

​Afin de garantir un suivi rigoureux de ce dossier et d’éviter un fait accompli, le mémorandum a été transmis à l’ensemble des décideurs provinciaux et des instances judiciaires. Des copies ont été adressées à l’Assemblée provinciale, au Premier président de la Cour d’appel, à la Procureure générale, à l’Auditeur militaire, à la direction de l’ANR, à la Mairie de Bunia, à la Société civile ainsi qu’à la Division provinciale en charge des personnes vulnérables.

Les manifestants espèrent qu’une décision ferme de l’autorité provinciale permettra d’arrêter définitivement les intrusions et de préserver les droits fonciers d’une communauté déjà confrontée à de nombreuses difficultés d’insertion.

Rédaction

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