L’étude BRAVO, consacrée au suivi de la vaccination contre Ebola, a déjà permis de vacciner 857 personnes sur une population cible de 20 000 participants, selon le docteur Youssouf Kaboré, investigateur du site de l’étude. Il l’a dit lors d’un café de presse organisé par Médecin Sans Frontières, MSF Suisse ce vendredi 9 octobre 2026.
L’étude concerne principalement les personnes exposées dans le cadre de la riposte contre Ebola. Il s’agit notamment du personnel médical, des agents chargés de rechercher les contacts dans les villages, des hygiénistes, des ambulanciers et des équipes intervenant dans les enterrements des personnes décédées de la maladie.
« Actuellement, nous avons 857 personnes qui ont été vaccinées. La population cible, c’est 20 000 personnes. Et ce sont les personnes de première ligne qui sont concernées. » a-t-il indiqué.
Le protocole de l’étude prévoit plusieurs étapes avant l’administration du vaccin. Les participants reçoivent d’abord des informations sur la recherche et sont invités à donner leur consentement éclairé. Ils répondent ensuite à une série de questions médicales avant de passer, s’ils l’acceptent, à la vaccination.
Après l’injection, chaque participant reste sous observation pendant quinze minutes. Les équipes lui expliquent également les effets secondaires possibles, notamment la fièvre, la douleur au point d’injection ou encore la fatigue.
« On lui explique l’étude, comment ça va se passer et s’il est d’accord pour participer à l’étude ou pas. Il peut être d’accord pour participer à l’étude, mais ne pas être d’accord pour se faire vacciner. »
Le docteur Kaboré précise ainsi que l’étude ne se limite pas aux personnes vaccinées. Certains participants peuvent prendre part au suivi sans recevoir le vaccin, ce qui permet aux chercheurs de comparer les données des deux groupes.
La recherche prévoit un suivi régulier des participants pendant six mois. Chaque mois, les équipes les contactent afin de recueillir des informations sur leur état de santé et les éventuels événements survenus depuis leur inclusion dans l’étude.
Les enquêteurs demandent notamment aux participants s’ils sont tombés malades ou s’ils ont été hospitalisés. À la fin de la période de suivi, les données recueillies auprès des personnes vaccinées et non vaccinées seront comparées.
« L’étude, c’est pour six mois. Chaque mois, on va appeler le participant pour lui demander quels sont les événements sur le plan de la santé qui se sont produits. »
Selon l’investigateur, cette comparaison doit permettre d’analyser l’évolution des deux groupes et de mieux documenter les effets de la vaccination dans les conditions de la riposte.
Le protocole prévoit également la participation de femmes enceintes lorsqu’elles appartiennent aux personnels de première ligne. Le docteur Kaboré cite le cas d’une femme travaillant dans un centre de traitement Ebola et souhaitant participer à l’étude et recevoir le vaccin.Ces participantes bénéficient toutefois d’un suivi spécifique. Alors que le suivi général est fixé à six mois, celui des femmes enceintes se poursuit jusqu’à l’accouchement afin d’observer l’évolution de la grossesse et l’état de santé du bébé.
« Une femme qui travaille dans un centre de traitement, qui est une femme de première ligne et qui est enceinte, peut se faire vacciner si elle veut participer à l’étude. Elle sera suivie jusqu’à l’accouchement. »
Soixante-dix mille doses réparties entre plusieurs voletsL’entretien évoque par ailleurs la disponibilité de 70 000 doses de vaccin en République démocratique du Congo. Selon les explications fournies, 20 000 doses doivent être utilisées spécifiquement dans le cadre de l’étude BRAVO.
Sur les 50 000 doses restantes, 30 000 doivent faire l’objet d’une étude consacrée à une nouvelle souche, tandis que les 20 000 autres seront utilisées dans d’autres régions touchées par l’épidémie. Le Nord-Kivu est cité parmi les provinces concernées par l’un des volets de recherche.
Joseph Kisuki