L’état de siège décrété dans deux provinces de la RDC, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu est au sujet des débats houleux à ce jour. Des couches politiques, sociales et autres n’arrivent pas à baisser leurs bras pour demander la fin de cette mesure exceptionnelle, quatre ans depuis son existence, alors que la province continue à s’enfoncer dans le gouffre d’insécurité.
De prorogation à prorogation, le député provincial Moïse Wathum entrevoit cet état de siège d’un œil de lynx et dénonce ce qu’il qualifie d’une violation de la loi. Il ne comprend pas comment le gouvernement ne tient pas compte de l’évaluation faite par la population et des personnalités venues pour la même fin.
«[•••] il y a toute considération sur l’état de siège de la part de notre gouvernement alors qu’il n’y a même pas une loi qui détermine l’applicabilité de cet article 85 de la Constitution, c’est pourquoi vous voyez, tout ne marche pas. Si c’est vrai que le gouvernement aime la cohésion nationale, la population de l’Ituri serait considérée au même titre que celles des autres provinces [•••]», a-t-il dit dans une communication à lavoixdelituri.net
L’organisation des élections des sénateurs après quelques plénières de l’assemblée provinciale par dérogation, n’était qu’une sauce goûtée et impossible de manger. L’affaire est vite partie pour être tout de suite suspendue. Moïse Wathum se demande sur la forme de l’état de siège lors des élections à tous les niveaux et ce que pense le gouvernement congolais au sujet des prérogatives juridiquement reconnues à l’assemblée provinciale en veilleuse à ces jours.
«[•••] pour organiser des choses nationales l’état de siège n’est pas catégorique, mais pour organiser des choses locales ici, là il fonctionne. Nous avons fait les élections des sénateurs, en ce temps là, l’état de siège avait qu’elle forme ? Est-ce qu’il est question seulement que nous puissions satisfaire seulement les besoins de Kinshasa ? On ne doit pas salir l’image de la République jusqu’à ce niveau », s’interroge cet élu du territoire de Djugu.
Le souci de Moïse Wathum et de la population,… est celui de remettre en place les activités de l’organe délibérant de la province de l’Ituri, cela mérite du respect, car « tous nous voulons travailler pour la République, pour la province », a-t-il renchérit.
«[•••] il faut que notre prérogative nous revienne, et c’est aussi pour aider toujours la nation et dans la loi en respectant la constitution, les militaires doivent toujours travailler (en dehors de l’état de siège) et les élus, qui ont le pouvoir de contrôler et légiférer, car cette mesure a fait quatre ans, l’objectif était de mettre fin aux groupes armés, mais jusqu’à présent, rien ne marche, pour dire qu’il peut même faire 10 ans, le gouvernement ne s’inquiétera pas [•••]», dit Moïse Wathum.
Ce Vendredi, le sénat et l’Assemblée Nationale ont prorogé pour la énième fois l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu pour une autre durée de 15 jours. Mais ce projet de loi n’a pas été discuté à l’Assemblée nationale, ce que condamne le député national Gratien Iracan qui indique que l’on veut qu’on proroge l’état de siège comme des robots, ça on ne veut pas, ça non», une réaction saluée par le député provincial Moïse Wathum. Pour lui, avant chaque prorogation il est important d’évaluer les réalisations de ce dispositif sur le terrain.
Rédaction