Mambasa : mouvements suspects des ADF, les villages Bahaha et Babungwe vidés de leurs habitants

par Redaction

La situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante dans le territoire de Mambasa, en particulier dans la chefferie de Babila Bakwanza, où des mouvements suspects attribués aux rebelles ADF ont été signalés autour des villages Bahaha et Babungwe.

Selon plusieurs sources locales, les villages de Bahaha – siège de la chefferie – et Babungwe sont actuellement vidés progressivement de leurs habitants. Ces derniers fuient en direction de Mambasa centre ou vers la zone de Lolwa, craignant pour leur sécurité. La présence armée des ADF, sans confrontation directe avec les forces loyalistes, alimente la peur au sein des communautés.

« Il y a une circulation libre de l’ennemi dans ces zones. Et jusqu’à présent, aucune opération militaire concrète n’a été menée pour stopper cette progression », indique un habitant dans la région.

Malgré les assurances données par les autorités militaires du secteur opérationnel, qui affirment que leurs unités sont en état d’alerte et qu’elles traquent l’ennemi, les réalités sur le terrain semblent contredire ces déclarations.

« Cela fait presque un mois depuis la dernière opération sérieuse contre les ADF dans la zone. Depuis, ils circulent librement et commettent des atrocités sans être inquiétés », déplore un notable local.

Cette incohérence entre les propos rassurants des commandants militaires et l’inaction constatée sur le terrain fait craindre une rupture de confiance entre la population et les responsables sécuritaires.

Face à cette menace persistante, les communautés appellent à la relance immédiate des opérations conjointes FARDC-UPDF, non seulement dans le territoire de Mambasa, mais aussi dans les territoires voisins de Beni, où les ADF continuent de semer la terreur.

« Après leur défaite à Lolwa il y a un mois, nous pensions que la menace était écartée. Mais ils ont repris leurs attaques : plus de 40 civils ont été tués dans le territoire d’Irumu, et plus de 66 dans Beni », rappelle un acteur de la société civile.

Les voix s’élèvent pour rappeler à l’État congolais et à ses partenaires sécuritaires leur devoir de protéger les populations civiles. Sans actions concrètes et soutenues sur le terrain, les habitants des zones rurales risquent de continuer à fuir en masse, accentuant la crise humanitaire dans la région.

La paix reste un espoir, mais elle nécessite des actes forts.

Néhémie Paluku

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