Les cultivateurs des environs du centre de Nyarambe, situés dans la chefferie des Ang’hal, traversent une période difficile pour leurs activités agricoles. Ils font face à une double menace : la prolifération d’insectes nuisibles dans leurs champs et une baisse significative des rendements, directement liée aux perturbations climatiques.
Face à cette situation préoccupante pour la sécurité alimentaire de la région, l’ingénieur Jacques Ukumu Ukethweng’u, agronome à l’Université du Lac Albert de Mahagi, tire la sonnette d’alarme et appelle les agriculteurs à adopter de bonnes pratiques pour préparer la prochaine saison culturale.
Selon l’expert, la production agricole dépend de plusieurs facteurs déterminants. Parmi ceux-ci, on peut citer la préparation adéquate du sol, l’approvisionnement en semences de qualité, le respect des itinéraires techniques, l’adaptation aux conditions climatiques ainsi que la gestion des maladies.
Une préparation des terres menée à la hâte, souvent par manque de temps, oblige les agriculteurs à semer précipitamment, ce qui nuit à la qualité des cultures.
La communauté agricultrice est aujourd’hui confrontée à de graves difficultés en matière d’approvisionnement en semences. L’absence de maisons locales de production de semences en République Démocratique du Congo (RDC) oblige les paysans à se tourner vers les pays voisins, comme le Kenya, ou à importer des variétés dont l’adaptation locale reste incertaine. Cette situation favorise la propagation de maladies.
«Nous-mêmes, les agriculteurs, nous manipulons les maladies d’un lieu à un autre.»
En s’approvisionnant de manière informelle dans divers milieux — en achetant par exemple des boutures de manioc dont la provenance sanitaire est douteuse — les cultivateurs risquent d’introduire et de disséminer des germes pathogènes dans leurs propres champs.
Pour inverser cette tendance, l’ingénieur Jacques Ukumu Ukethweng’u exhorte les agriculteurs à adopter des techniques culturales rigoureuses adaptées aux variations climatiques, à renforcer la protection phytosanitaire de leurs cultures contre les insectes ravageurs, et à mettre en place un encadrement technique de proximité pour sécuriser les itinéraires de production et garantir de meilleures récoltes.
Ces efforts conjugués sont essentiels pour pérenniser l’agriculture locale et stabiliser la sécurité alimentaire des ménages de la région de Nyarambe.
Moïse Ulang’u