À l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, le 11 octobre et du lancement des activités de l’agenda de la jeune fille en Ituri, les autorités provinciales, les partenaires humanitaires et les communautés locales ont uni leurs voix, au cours d’une activité ce mercredi, 28 octobre, pour réaffirmer un engagement ferme : la protection, l’éducation et l’épanouissement de la jeune fille ne sont pas négociables.
Marquée par un contexte difficile, caractérisé par l’insécurité persistante et des défis sanitaires majeurs tels que la lutte contre la maladie à virus Ebola, la province de l’Ituri fait face à une urgence humanitaire et sociale où les mariages d’enfants de moins de 18 ans constituent l’une des violations les plus graves des droits fondamentaux.
Intervenant lors de cette cérémonie, Irène Vwaweka, conseillère du gouverneur en charge de la jeunesse, a rappelé avec conviction que « le mariage d’un enfant de moins de 18 ans n’est ni une tradition à préserver, ni une solution économique, ni une fatalité, c’est une violence grave des droits fondamentaux de la jeune fille. »

Elle a également souligné que « chaque jeune fille donnée au mariage avant l’âge légal est une élève qui quitte définitivement le banc de l’école, une future leader dont on brise le potentiel. »
Insistant sur la protection de l’enfance, elle a ajouté : « Disons tous ensemble d’une voix forte et inébranlable : oui à l’éducation de la jeune fille, et non absolu au mariage précoce des enfants en Ituri.»
Dans la même perspective, Jean-Bosco Uzele, chef de division provinciale de la Jeunesse, a insisté sur l’importance de dépasser la simple commémoration pour agir concrètement, affirmant que « l’événement d’aujourd’hui n’est pas seulement une simple commémoration, c’est une tribune d’action.»
Précisant les objectifs de cette mobilisation, il a indiqué qu’il s’agit de «briser les stéréotypes qui limitent vos ambitions et vos rêves», tout en rappelant que «l’autonomisation des filles n’est pas une faveur qu’on leur accorde, c’est un droit fondamental et une nécessité stratégique pour notre province.»
Représentant l’UNICEF, Syntia Kanyere a salué la forte mobilisation en faveur de cette cause tout en soulignant la nécessité d’une responsabilité partagée.
« Nous affirmons une responsabilité commune : permettre à chaque fille de grandir en sécurité, d’apprendre, d’être en bonne santé et de participer aux décisions qui concernent sa vie. »
Elle a poursuivi en rappelant que « ces droits ne sont ni une faveur, ni une récompense, ils appartiennent à chaque fille où qu’elle vive. »

Elle a lancé un appel direct aux jeunes filles affirmant que leurs «expériences comptent, vos propositions méritent d’être entendues, vous avez le droit de poser des questions, de poursuivre vos études et de développer vos talents.»
Le gouvernement provincial, l’UNICEF et l’ensemble des parties prenantes rappellent ainsi que la loi fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans, et que tout arrangement coutumier ou familial en violation de cette norme tombe sous le coup de la loi. Plus que jamais, l’engagement de tous doit permettre de faire de cet agenda un tremplin vers un avenir plus juste, sûr et pacifique pour toute la jeunesse de l’Ituri.
Moïse Ulang’u