Ituri : insécurité à Aru, des habitants s’indignent à travers une affiche au pont

par lavoixdelituri

Tôt le matin de ce mercredi 27 mai, une affiche installée par des habitants sur le pont de la rivière Aru — à la jonction des chefferies de Niokamule et des Zaki — a attiré l’attention des passants. Située à environ 300 km au nord-est de Bunia, dans le territoire d’Aru, cette zone constitue un axe de passage stratégique entre Ariwara et le centre d’Aru.

​Le message, visible par tous les usagers de la route, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Il exprime le ras-le-bol de la population face à une insécurité persistante qui pèse sur le quotidien, freine les échanges commerciaux et complique les déplacements.

​Rédigé en lingala et en français, le texte ne remet pas en cause l’existence de l’État congolais. Il cible plutôt directement plusieurs responsables locaux, accusés de contribuer, par leurs pratiques, au climat de peur et de tracasseries qui règne à Ariwara et dans ses environs.

​« To boyi l’État te, kasi atindela bisu bakonzi mosusu » (Nous ne rejetons pas l’État, mais qu’il nous envoie d’autres dirigeants). Par cette phrase d’ouverture, les auteurs posent clairement leur demande : un renouvellement des cadres en charge de la sécurité et de la justice dans le territoire.

L’affiche cite nommément l’Administrateur du territoire d’Aru, l’Auditeur militaire, le Procureur, le Major de la PNC/Ariwara ainsi que le Commandant de l’ANR/Ariwara.

​Le ton se durcit dans la partie écrite en rouge : « NB : Bakonzi wana nde bazotiya insécurité na tracasserie na Ariwara. Tolingi bakonzi wana te na ba suite na bango » (Ce sont ces dirigeants qui installent l’insécurité et les tracasseries à Ariwara. Nous ne voulons plus d’eux ni de leur suite».

Pour ces habitants, le changement doit désormais passer par des actes concrets.
​Au-delà de la dénonciation, cette démarche se veut un appel à l’action.

Elle réclame une évaluation indépendante de la situation sécuritaire, le redéploiement des responsables mis en cause et un renforcement des mécanismes de redévabilité. L’objectif affiché est de restaurer la confiance entre la population et les services de l’État afin de permettre une reprise normale des activités économiques.

​Une interpellation directe qui traduit l’impatience d’une communauté fatiguée de vivre dans l’incertitude.
​En Ituri, où la sécurité demeure un défi majeur, ce geste citoyen rappelle que la demande de protection et de bonne gouvernance émane d’abord de la base.

Dans une brève réaction, l’administrateur policier du territoire d’Aru, le colonel Richard Mbambi Kingana réitère à lavoixdelituri.net, sa mission de protéger et sécuriser les personnes et leurs biens, estimant que ces agitations sont «de la routine».

Rédaction

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