La riposte contre la maladie à virus Ebola dans les zones de santé de Tchomia et de Nizi, en province de l’Ituri, demeure confrontée à de sérieux défis qui compromettent l’efficacité des interventions sanitaires. C’est le constat dressé par Jacob Asimwe Matali, acteur politique dit de l’opposition républicaine, à l’issue d’une mission de terrain effectuée dans ces deux entités sanitaires.
Selon les données recueillies jusqu’au jeudi 16 juillet 2026, la zone de santé de Tchomia totalise 32 cas confirmés et plus de 120 cas suspects. Depuis le début de l’épidémie, 19 décès, 5 guérisons et 346 personnes contacts placées sous surveillance y ont été enregistrés.
Au cours de cette mission, Jacob Asimwe Matali affirme avoir relevé plusieurs contraintes majeures qui freinent les opérations de riposte. Il cite notamment le manque d’ambulances, le mauvais état de l’axe routier Bunia–Kasenyi–Tchomia, l’inaccessibilité de certaines localités en raison de l’insécurité liée à la présence des miliciens de la CODECO, ainsi que la réticence d’une partie de la population à adhérer aux mesures de prévention.
« Selon nos constats, le Centre de traitement Ebola (CTE) de Tchomia, qui fonctionne actuellement comme un centre transitoire, ne répond pas encore à tous les besoins de prise en charge des malades », a-t-il déclaré.
Dans la zone de santé de Nizi, la mission fait également état d’une progression rapide de l’épidémie dans un contexte marqué par une insuffisance des moyens logistiques. Cette situation ralentit les interventions des équipes sanitaires et retarde l’évacuation des patients vers les structures de prise en charge.
Sur l’axe Iga-Barrière–Lindji–Lopa, la mission estime qu’au moins sept ambulances seraient nécessaires pour assurer une prise en charge efficace des malades. En l’absence de moyens de transport adaptés, certains patients seraient contraints d’attendre jusqu’à trois jours avant leur évacuation vers un Centre de traitement Ebola.
Face à cette situation, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la dotation urgente d’ambulances supplémentaires dans les zones de santé de Tchomia et de Nizi, la mise à disposition d’une ambulance terrestre supplémentaire à Tchomia, d’ambulances lacustres pour les zones riveraines du lac Albert, la construction à Tchomia d’un Centre de traitement Ebola répondant aux normes, le renforcement des capacités de prise en charge à Nizi, la réhabilitation des infrastructures routières, le maintien de la gratuité des soins liés à Ebola ainsi que le renforcement de l’appui des partenaires en ressources humaines, en équipements, en logistique et en financement.
« Nous lançons un appel urgent au Gouvernement de la République, aux autorités provinciales ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin de renforcer les moyens logistiques, notamment par la dotation d’ambulances terrestres et lacustres, la construction d’un Centre de traitement Ebola conforme aux normes et l’amélioration des routes pour faciliter l’évacuation des malades », a insisté Jacob Asimwe Matali.
L’acteur politique recommande enfin d’intensifier les campagnes de sensibilisation communautaire afin de réduire la méfiance de la population envers les équipes de riposte. Il appelle également les autorités locales, les leaders communautaires et les partenaires à renforcer leur implication dans les activités de prévention, de surveillance et de riposte afin de contenir durablement la propagation de l’épidémie.
David Mugisa