Irumu : appel à la justice après le vandalisme du domicile de Dr Emmanuel Kabhunga à Chyekele

par lavoixdelituri

Le climat est resté tendu en chefferie des Walendu Bindi (Territoire d’Irumu) suite à des actes de vandalisme ciblant le Médecin Directeur du Centre de Santé de Référence (CSR) de Chyekele. Accusé à tort après le décès d’un collaborateur, le Dr Emmanuel Kabhunga réclame aujourd’hui que justice soit faite.

Tout a basculé le week-end du 28 mars 2026. Suite au décès, après une courte maladie, de l’infirmier comptable du CSR de Chyekele, le regretté Elvis, une rumeur infondée a embrasé une partie de la jeunesse locale. Sans aucune preuve tangible, certains jeunes des villages de Chyekele et Anyaga ont pointé du doigt le docteur Emmanuel Kabhunga comme responsable de cette disparition.

Profitant de l’absence du médecin, alors en mission de service à Bunia, des manifestants en colère se sont attaqués à son domicile. Le pire n’a été évité que grâce à l’intervention rapide des autorités locales qui ont réussi à limiter les dégâts matériels.

La communauté réunie pour rétablir la vérité
Face à cette injustice, une importante réunion de médiation s’est tenue le samedi 4 avril 2026 à Chyekele. Cette rencontre a réuni une délégation de la CECA 20 (20ème Communauté Évangélique au Centre de l’Afrique), conduite par le Révérend Pasteur Mbafele Musangura, des représentants de la Zone de Santé Rurale de Gety, la population locale et les autorités coutumières.

L’enquête menée après le drame a été formelle : le Dr Kabhunga est totalement innocent. Le décès de l’infirmier Elvis est dû à des causes naturelles et médicales indépendantes de l’action du médecin directeur.

Le Révérend Pasteur Mbafele Musangura a fermement condamné cet acte qu’il qualifie de « barbare ».

« Tout homme est mortel. Je vous demande de vous pardonner mutuellement et de vivre dans l’amour pour l’évolution de notre centre de santé », a-t-il déclaré, rappelant les valeurs chrétiennes de la communauté.

De son côté, le Dr Emmanuel Kabhunga, profondément meurtri, ne cache pas son intention de porter l’affaire devant les tribunaux pour laver son honneur.

« La réputation est irréparable. Je veux poursuivre les auteurs en justice pour les dommages subis. Toutefois, en tant que chrétien et responsable de cette structure, je reste ouvert au pardon si ces jeunes viennent officiellement me le demander », a précisé le médecin.

Le chef du village d’Anyaga, Monsieur Daniel Muziabaku, a reconnu la responsabilité des jeunes de sa juridiction et a exprimé ses profonds regrets. Il a exhorté la jeunesse à se méfier de la justice populaire, un fléau qui détruit la cohésion sociale sans apporter de vérité.

Situé dans le sud du territoire d’Irumu en Ituri, le Centre de Santé de Référence de Chyekele tente désormais de retrouver sa sérénité. Cet événement rappelle l’urgence de protéger le personnel soignant, souvent en première ligne et injustement pris pour cible lors de drames sociaux.

Nicolas kayembe

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