Ebola en Ituri : «la peur et les rumeurs éloignent les malades des centres de santé», s’inquiète un acteur politique

par lavoixdelituri

Alors que les efforts de riposte contre la maladie à virus Ebola se poursuivent en Ituri, l’acteur politique de l’opposition républicaine, Jacob Asimwe Matali, s’inquiète de la méfiance grandissante d’une partie de la population envers les structures sanitaires et plaide pour le renforcement des campagnes de sensibilisation.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 4 juin 2026, il a exprimé ses préoccupations face à la réticence de nombreux habitants à fréquenter les centres de santé lorsqu’ils tombent malades. Selon lui, cette situation est notamment alimentée par des rumeurs selon lesquelles toute personne présentant des symptômes de maladie dans une structure sanitaire serait automatiquement considérée comme un cas d’Ebola.

« Cette méfiance pousse malheureusement plusieurs malades à rester à domicile, augmentant ainsi les risques de complications et de décès », a-t-il déclaré.

Pour inverser cette tendance, Jacob Asimwe Matali recommande l’implication effective des autorités locales, des chefs de quartiers, des leaders communautaires et religieux ainsi que des organisations de la société civile dans une vaste campagne de sensibilisation de proximité.

« Tous les acteurs doivent être impliqués dans la sensibilisation au sein des communautés. Les messages devraient être diffusés dans différentes langues locales afin de permettre à la population de mieux comprendre les mesures de prévention et les procédures de prise en charge », a-t-il ajouté.

L’acteur politique estime également que ces actions ne doivent pas se limiter à la cité minière de Mungbwalu, où un cas d’Ebola a récemment été signalé, mais s’étendre à l’ensemble de la ville de Bunia ainsi qu’aux territoires environnants.
Pour lui, la lutte contre cette épidémie ne peut être efficace sans l’adhésion et la collaboration de la population. Il exhorte ainsi les autorités compétentes à agir rapidement afin d’éviter que la peur, la désinformation et les rumeurs ne favorisent davantage la propagation de la maladie.

Par ailleurs, dans le cadre du renforcement des mesures de prévention, le ministre provincial de la Santé a, à travers une note circulaire, interdit la vente libre de médicaments destinés au traitement des symptômes pouvant être associés à la maladie à virus Ebola. Désormais, ces produits ne peuvent être délivrés dans les pharmacies que sur présentation d’une ordonnance dûment signée par un médecin.

David Mugisa

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