La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri se dessine à un merveilleux bijou. Les routes asphaltées ça et là,… la population se frotte les mains pour des projets de modernisation en faveur de son habitat, une ville qualifiée aujourd’hui de «champignon».

Parmi les actions de développement de marque, on cite ici l’élargissement et la modernisation de l’aéroport de Bunia qui, après les travaux réalisés par la société Mont Gabaon passera sans doute de national à l’international. À travers cette infrastructure, non seulement la ville pourra accueillir des gros avions avec des étrangers venus de plusieurs coins du monde et faire partir les siens vers ces régions, mais aussi cela aura un impact positif sur l’économie de la province dite de «sang».
Un plan urbanistique quasi inexistant !
Cependant, la ville de Bunia connaît une véritable difficulté quant à son plan urbanistique. Avec une croissance démographique galopante, cet élargissement de l’aéroport tombe au moment où plusieurs habitants ont déjà construit tout près de l’espace, des installations autorisées pour la plupart par les services étatiques.
De ce fait, l’État étant propriétaire de terre, a pris l’engagement de «délocaliser» en indemnisant la population ayant acquis légalement ces terrains, mais ce processus peine à aboutir.

«la population ciblée par cet élargissement s’étale sur une distance de 400 mètres de l’aéroport. Il y a au moins 150 ménages concernés. Le coût de l’indemnisation est évalué à quatre (4) millions de dollars, on nous les a promis mais rien n’a été fait jusqu’aujourd’hui», indique Samuel Bwira, président des occupants de l’espace concerné par l’élargissement de l’aéroport de Bunia.
Ce lundi 23 Mars, deux Boeing 737 ont atterri pour la première fois depuis 1966 sur la piste de cet aéroport, selon des sources de la Régie des Voies Aériennes, RVA. Ceci marque un tournant vers les flux aéroportuaires dont cette infrastructure a la capacité d’accueillir actuellement ou dans les prochains jours. Ces habitants étant encore là, souffrent de l’influence des activités de cet aéroport.
«il y a des gens, des déplacés y compris, qui se sont procurés des terrains là-bas, aujourd’hui lors d’atterrissage et de décollage des avions, leurs maisons sont en train d’être détôlées par les vents des avions[•••]», dénonce la même source.

Bruits, trafic,… un poids sur les riverains
Quand bien même la délocalisation des habitants ayant précédemment construit sur l’espace de l’aéroport sera faite, à 400 mètres, la population est toujours proche, pour un aéroport dit «international».
L’atterrissage et le décollage des avions comme le Boeing 737 produisent des bruits pouvant atteindre plus de 40 kilomètres. Mais aussi, les mouvements des passagers produisent un maximum de nuisance sonore. C’est-à-dire, la population vivant encore dans les périphéries de 400 mètres est victime des bruits, ce qui affecte leur santé mentale.
Par ailleurs, les activités socio-économiques à mener à l’aéroport et ses environs, de Bar en passant par des hôtels jusqu’à d’autres lieux d’ambiance, peuvent avoir une influence sonore à troubler la quiétude psychologique de la population.
«l’impact de bruits sur la santé mentale n’est pas à démontrer. D’après l’OMS, les bruits deviennent dangereux à partir de 80 décibels, mais lors de décollage et atterrissage, les avions peuvent faire des bruits extrêmes jusqu’à 140 décibels, ce qui pouvait développer des maladies mentales comme l’Accident Vasculaire Cérébral, AVC, stress, réduction de capacité d’apprentissage pour les enfants [•••]», révèle le psychologue clinicien Serge Rusinga, interrogé par lavoixdelituri.net

Il soulève aussi les risques d’accidents ou de crash d’avion qui peuvent affecter les environs de cette infrastructure, avec des conséquences sur les vies humaines et les biens de la population, ce qui pourrait aggraver les risques de «traumatismes». À ceci s’ajoute la pollution de l’air, avec ses effets sanitaires.
«l’exposition prolongée aux stress chroniques et d’autres formes de traumatisme, exposent la population, surtout les personnes âgées à des maladies psychosomatique, notamment l’hypertension artérielle, gastrite et autres, alors qu’il n’y a pas beaucoup de structures de prise en charge dans la ville», craint-il.
Serge Rusinga plaide pour la construction d’une telle infrastructure à au moins 30 ou 40 kilomètres de la ville, afin d’éviter les risques environnementaux et sanitaires qui guettent la population.

Vivre à côté d’un aéroport, pourtant une opportunité !
Mais par-dessus tout, la vie à proximité d’un aéroport international présente des opportunités d’emplois non seulement dans des services aéroportuaires, mais aussi dans des entreprises privées installées à ses contours.
C’est un lieu propice pour des personnes commerçantes d’installer leurs marchandises et services avec un avantage de gagner.

Dans quelques mois, l’aéroport de Bunia sera inauguré. Ce qui ouvrira cette partie de la RDC vers le monde extérieur. L’Ituri est alors en voie d’être booster sur le plan économique, son développement de rêve deviendra réalité, mais la vie des populations riveraines méritent une préservation.
Moïse Ulang’u