À la suite d’une réunion de concertation stratégique réunissant les autorités militaires, les entreprises de construction et les forces vives ce vendredi 4 septembre, la coordination de la société civile de Mahagi s’est exprimée sur les disputes liées à l’élargissement de la voirie. Tout en exprimant son regret face aux impacts matériels subis par les riverains, elle appelle à la poursuite des travaux pour ne pas compromettre ce projet d’asphaltage inédit, car ils suscitent un grand espoir au sein de la population locale.
Au cœur du débat : l’empiétement du tracé routier sur des parcelles privées, entraînant la démolition de clôtures et d’habitations, ce qui a provoqué des vagues de protestation chez plusieurs riverains.
Pour désamorcer la crise et éviter une suspension du chantier, une réunion élargie s’est tenue sous la direction de l’administrateur militaire du territoire.
Autour de la table figuraient les représentants du bureau de coordination de la société civile, les entreprises exécutantes (notamment Mont Gabaon et Congo Éveil), les services techniques, ainsi que les structures de la jeunesse, des organisations féminines et de la FEC.
« C’est un regret pour nous de voir sacrifier des clôtures et des maisons. Vraiment, c’est un regret. Mais au stade actuel, au lieu que les travaux soient suspendus, nous devons nous lancer dans la sensibilisation pour que la population comprenne les enjeux », a déclaré Innocent Wabekudu, le coordonnateur de la société civile de Mahagi à la presse.
Les échanges ont mis en lumière la nécessité d’appliquer les normes techniques préétablies pour garantir la qualité de l’infrastructure sur la durée. Des erreurs ou ajustements de tracé commis sur le terrain par le passé ne doivent pas, selon les participants, conduire à un blocage.
Tout en réaffirmant le soutien de la population à la modernisation du territoire de Mahagi, la société civile insiste sur la prise en compte des droits des ménages lésés. Une démarche d’accompagnement est préconisée en lien avec le pouvoir public.
« L’autorité militaire invite toutes les parties lésées à prendre part à une rencontre afin de renforcer les explications et de leur faire comprendre la situation. Les questions d’indemnisation ou de préjudices seront traitées par les instances compétentes », a précisé Innocent Wabekudu, coordonnateur de la société civile de Mahagi.
Pour la société civile, le passage à la modernité implique des concessions inévitables, bien que douloureuses.
« Nous sommes dans un siècle où la commune et le territoire doivent décoller. Dans ce décollage, il y a des avantages et des inconvénients. Pour ce qui est des désavantages, nous devons revenir autour de la table avec l’autorité pour voir dans quelle mesure amener ceux qui sont lésés dans leurs droits. »
Alors que les engins poursuivent le nivellement de la chaussée, l’attention reste tournée vers les autorités administratives et militaires, attendues sur le terrain pour formaliser les cadres de dialogue avec les familles impactées par les démolitions.
Moïse Ulang’u