Le député national Nene Kashinde Avodjoa hausse le ton face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers la province de l’Ituri. Dans une correspondance officielle adressée le 19 octobre 2026 au Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, l’élu exige la réévaluation immédiate et la réouverture de l’Aéroport de Murongo à Bunia.
Fermée initialement par les autorités afin de restreindre la propagation de la maladie à virus Ebola, cette infrastructure aéroportuaire clé demeure toujours inaccessible aux vols commerciaux. Pourtant, selon le parlementaire, la situation sanitaire dans le chef-lieu de l’Ituri est désormais sous contrôle et ne représente plus une menace justifiant le maintien d’une telle mesure restreignant la circulation.
L’élu pointe notamment du doigt une politique du deux poids, deux mesures au sein du territoire national. Il rappelle que d’autres provinces confrontées à des défis sanitaires similaires, à l’instar de la Tshopo, du Haut-Uélé ou du Nord-Kivu, continuent de bénéficier normalement de leurs liaisons aériennes sans subir la moindre interruption de trafic.
Cette fermeture prolongée entraîne des retombées économiques et sociales catastrophiques pour la région. En plus d’entraver la mobilité des citoyens et d’asphyxier les échanges commerciaux et les investissements, elle paralyse les déplacements des acteurs du développement.
Face à ce constat, le parlementaire tire la sonnette d’alarme sur l’impact psychologique et politique d’une telle décision sur la population.
« Au-delà de ces conséquences pratiques, cette situation alimente malheureusement dans l’opinion le sentiment d’une injustice et d’une discrimination à l’égard de la province de l’Ituri. Certains vont même jusqu’à y voir une forme de punition ou de complot contre l’Ituri », a-t-il indiqué dans ce document parvenu à lavoixdelituri.net
Tout en reconnaissant la nécessité d’appliquer des précautions sanitaires ou sécuritaires rigoureuses, le premier vice-président de la commission permanente des droits de l’homme à l’Assemblée nationale insiste sur le fait que ces dispositions doivent respecter des principes stricts de proportionnalité et d’équité territoriale.
«Nous sommes parfaitement conscients de la nécessité de prendre des mesures de précaution lorsqu’un risque sanitaire ou sécuritaire est identifié. Toutefois, ces mesures doivent être proportionnées, scientifiquement fondées, transparentes et appliquées selon les mêmes critères à toutes les provinces concernées ».
L’élu demande ainsi au gouvernement l’instauration rapide de protocoles adaptés permettant la reprise immédiate des vols à Bunia. Des copies de cette démarche officielle ont également été transmises au Cabinet du Président de l’Assemblée nationale ainsi qu’à la Première ministre pour suivi du dossier.
Moïse Ulang’u