L’annonce par l’autorité provinciale de la délocalisation des sites de déplacés de Kigonze et de l’ISP-Bunia, une décision révélée par le GIPP, a suscité une vive réaction de la part des acteurs locaux. Parmi eux, le conseiller communal de la commune de Nyakasanza, Olivier Nguna Bahati, salue l’initiative tout en posant des conditions strictes pour la protection des sinistrés.
Tout en reconnaissant le bien-fondé de cette mesure pour la région, le conseiller communal Nguna Bahati Olivier insiste sur le fait que ce transfert ne peut s’effectuer sans des préalables fondamentaux. Selon lui, il est crucial d’assurer une sécurité totale sur les nouveaux sites d’accueil avant d’y déplacer ces populations vulnérables qui ont déjà tout perdu.
Il souligne qu’on ne peut pas les envoyer dans des endroits où l’insécurité persiste, et que la mesure ne pourra passer que si le gouvernement garantit pleinement leur sécurité.

Outre la dimension sécuritaire, le conseiller communal exhorte les autorités et le gouvernement provincial à réunir toutes les conditions d’accompagnement nécessaires sur les lieux de reconditionnement. Il appelle notamment à la construction d’habitations dignes pour reloger ces familles dont les maisons d’origine avaient été brûlées et les biens pillés, ainsi qu’à la mise en place d’infrastructures sanitaires adéquates, de latrines et d’un accès à l’eau potable afin de ne pas abandonner ces populations à leur sort.
Ce projet de relocalisation concerne des milliers de personnes déplacées qui avaient fui les attaques et massacres perpétrés par les assaillants de la CODECO depuis décembre 2017 pour trouver refuge à Bunia et Djugu. Cela fait désormais près de neuf ans que ces sinistrés vivent dans la précarité des camps. Pour Olivier Nguna Bahati, la réinstallation de ces citoyens ne doit en aucun cas devenir une nouvelle source de vulnérabilité, mais bien le début d’une prise en charge respectueuse de leur dignité.
Rédaction