Maître Deogratias Ufoymungu veut que le gouvernement congolais et les partenaires internationaux puisse investir dans la construction et l’aménagement du port de Ndawe, dans la chefferie des Mokambu, en territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri. Il a lancé cet appel jeudi 1er octobre 2026, au cours d’un point de presse tenu dans la commune de Mahagi, chef-lieu du territoire portant le même nom.
Se félicitant de la réhabilitation de la route reliant Mahagi à Mokambu par STAR RDC, cet avocat estime que la modernisation de cet axe routier devrait désormais s’accompagner de la mise en valeur du port de Ndawe, présenté comme un point stratégique pour les échanges dans cette partie de l’Ituri.
«C’est une très bonne route qu’on faisait entre Mahagi et Mokambu en deux à trois heures en véhicule. Actuellement, on fait une heure vingt minutes en véhicule et moins d’une heure à moto. Il y a lieu de féliciter STAR RDC qui a réhabilité cette route », souligne Maître Deogratias Ufoymungu qui pense que le contraste reste saisissant à l’arrivée à Ndawe.
«Une route bien faite mais, curieusement là où elle chute, c’est un port, le port de Ndawe. Un port pratiquement vide, aucune infrastructure ne démontre qu’il s’agit d’un port », déplore-t-il.
Face à cette situation, il appelle les autorités provinciales et nationales, ainsi que les partenaires internationaux, à s’impliquer dans le développement de cette infrastructure.
Pour lui, le port de Ndawe joue déjà un rôle important dans l’approvisionnement de plusieurs agglomérations riveraines du lac Albert, malgré l’absence d’infrastructures adéquates. Il cite notamment les échanges entre Ndawe, Tchomia, Kasenyi et Bunia, ainsi que la circulation du bétail de tout genre en provenance d’Ang’al et de Mokambu.
«Ndawe alimente Tchomia en vivres, en poissons salés, en bêtes de tout genre. Il y a des chèvres qui quittent Ang’al et Mokambu pour se déverser à Tchomia, Kasenyi et remontent à Bunia », explique-t-il.
Il estime ainsi nécessaire de doter Ndawe d’une infrastructure portuaire à la hauteur de son rôle économique.
« Il y a lieu de faire une infrastructure digne de son nom dans ce port », plaide-t-il.
Selon cet acteur engagé dans la sensibilisation et l’éducation à la bonne gouvernance et à l’engagement communautaire en Ituri, la construction du port pourrait contribuer à intensifier les échanges commerciaux entre différentes entités de la province, tout en favorisant la création d’emplois et de richesses au bénéfice des communautés locales.
Il rappelle que le port de Ndawe est répertorié parmi les ports officiels de la province de l’Ituri et estime que sa construction relève donc également de la responsabilité des pouvoirs publics.
« Le port de Ndawe est répertorié parmi les ports de l’Ituri, c’est un port officiel. Le gouvernement a le devoir de le construire », affirme Maître Deogratias Ufoymungu.
Il insiste également sur les interactions économiques susceptibles d’être renforcées entre les entités situées de part et d’autre du lac Albert.
«D’abord, il y a des interactions entre des entités comme Tchomia et Kasenyi, qui sont des entités à part entière de l’autre côté. Il y a la chefferie des Bahema et d’Irumu », poursuit-il.
Pour lui, l’amélioration des infrastructures permettrait notamment de faciliter la circulation des biens de consommation et de renforcer les bénéfices économiques pour les populatiions.
Dans le même élan, Maître Deogratias Ufoymungu interpelle les investisseurs et opérateurs économiques du secteur pétrolier sur la nécessité d’implanter des stations-service à Ramogi dans la chefferie des Mokambu.
« Nous appelons aussi tous les investisseurs et opérateurs économiques qui sont dans le secteur pétrolier à construire des stations de carburant à Ramogi, il n’y en a pas », lance-t-il.
À travers ce plaidoyer, il appelle ainsi à une mobilisation du gouvernement provincial, central, des partenaires au développement et du secteur privé pour accompagner l’ouverture de cette partie de l’Ituri sur les plans routier, portuaire et commercial.
Jean Baptiste BIMOZO