Ebola en Ituri : le Député National Gratien Iracan réclame des sanctions après la progression fulgurante de l’épidémie

par lavoixdelituri

Le député et leader politique de l’Ituri Gratien Iracan met en cause le suivi des contacts et la surveillance épidémiologique au début de l’épidémie. Au cours d’un point de presse animé le jeudi 10 septembre 2026, il affirme que le système de santé n’a pas détecté assez tôt la circulation du virus et demande que les responsabilités soient établies une fois la crise maîtrisée.

L’épidémie aurait été déclarée le 15 mai, alors que huit cas avaient été identifiés, selon les éléments avancés par Gratien Iracan. Un mois plus tard, le nombre de cas dépassait déjà 700, pour atteindre environ 740 cas. Une progression que l’élu juge incompatible avec une apparition aussi tardive de la maladie.

« Huit cas ne pouvaient jamais avoir une ramification de 740 cas. Sûrement, il y avait beaucoup de cas ignorés à ce moment-là », déclare Gratien Iracan.

Pour lui, cette évolution montre que le virus circulait déjà dans la population avant la déclaration officielle de l’épidémie. Il estime que les services de santé n’ont pas été en mesure d’identifier cette circulation à temps et évoque l’hypothèse d’un début de l’épidémie dès janvier ou février, tout en précisant que des recherches sont encore en cours.

« Le virus circulait déjà parmi la population et malheureusement, le système de santé n’a pas pu détecter cela à temps », affirme-t-il.

Gratien Iracan pointe également un dysfonctionnement dans le système de surveillance épidémiologique.Selon lui, l’organisation sanitaire prévoit normalement qu’un cas suspect remonte rapidement des aires de santé vers les zones de santé, la division provinciale de la santé et, au niveau supérieur, le ministère de la Santé.

L’élu considère donc que l’absence de détection précoce ne peut pas être ignorée. Il parle d’une « défaillance » et appelle à établir les responsabilités au sein de la chaîne de surveillance.

Ces accusations, formulées dans l’enregistrement, n’ont pas été accompagnées d’éléments contradictoires ou de la réaction des autorités sanitaires.« Il y a eu défaillance et pour cela, on doit sanctionner », insiste le leader politique.

Dans son intervention, Gratien Iracan déclare que l’Ituri a perdu plus de 3 000 personnes. Il dit ne pas accepter que ces décès restent sans suite et promet de suivre personnellement la question des responsabilités.« Nous avons perdu plus de 3 000 Lituriens. Et moi, en tant que leader de l’Ituri, je ne peux pas accepter que cela reste comme ça », soutient-il.L’élu appelle toutefois à donner la priorité à la fin de l’épidémie. Il estime que les autorités doivent d’abord concentrer leurs efforts sur la maîtrise de la crise avant d’engager un examen complet des erreurs qui auraient été commises.« On veut arrêter l’épidémie. Lorsque l’épidémie sera complètement maîtrisée, alors il faudra qu’on établisse les responsabilités », déclare-t-il.Cette prise de position intervient alors que la province fait face à de lourdes pertes humaines et à des interrogations sur la réponse apportée au début de la crise.

Joseph Kisuki

Laisser un commentaire

Vous aimerez peut-être aussi