Dans une ville de Bunia pleine de talents, l’évolution de la musique étonne parfois négativement plus d’une personne. Si les fanatiques s’attelaient à des morceaux piquants de leurs artistes pour s’émerveiller de la musique de Bunia, actuellement le public se divise sur la façon de chanter de quelques uns de ces derniers.
Chacun s’appelle le numéro 1
À travers les réseaux sociaux ou des émissions, plusieurs artistes dont Saimon Corneil, Balca LS, Jeune Soldat et d’autres se réclament chacun comme étant le meilleur artiste rappeur de la ville de Bunia. Alors que LB3 Tate est aussi mis en avant par beaucoup de mélomanes comme étant la « légende » de la musique Iturienne.
Les défis de battle contre les autres sont même lancés par certains pour confirmer leur savoir-chanter.
Chaque artiste a une communauté de fanatiques. La dispute est loin d’être finie, car tout se joue sur les préférences personnelles de ceux qui écoutent et visionnent les chansons, et il n’y a pas de critères sérieux de classification.
Les surestimations individuelles entre rappeurs sont un fait normal dans le monde artistique. Les tounes en sont les grands chevaux de bataille, mais à Bunia, les artistes prennent la place des fanatiques pour juger eux-mêmes leur travail. Des concerts aux stades et/ou dans d’autres endroits sont aussi des événements soulevés par certains artistes pour confirmer leur suprématie en minimisant d’autres.
Des clashs et règlements de comptes qui dégoûtent dans les chansons
À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, la bataille de supériorité entre virtuoses ont même conquis les productions musicales. Il n’est pas étonnant de constater qu’un artiste fait tout un clip dans lequel il parle négativement d’un autre, même si cela reste de façon indirecte. Des codes et des phrases que les fanatiques ne manquent pas de lier et d’interpréter comme un message envoyé à un autre musicien.
Quand on visionne quelques productions des artistes, on se rend compte que la musique est devenue, à Bunia, une occasion de règlement de comptes entre musiciens, ce qui n’enchante pas plusieurs mélomanes.
Entre des raps comme « Mokonzi » de Jeune Soldat, « Validé » de Saimon Corneil, « Mwalimu » de Balca LS et « Bordure » de LB3 Tate, un seul message est compris par autant de personnes : une querelle sans sens.
La population musicophile reste sans goût d’écouter ces chansons pleines d’insultes et en manque de paroles édifiantes. Si le « moi » prend le dessus dans toute production, alors certains fanatiques ne sont pas contents de rechanter les polémiques.
Des étoiles montantes à féliciter !
Contrairement à quelques aînés, on observe à Bunia de jeunes talents qui émergent de façon radicalement différente : ils chantent sans polémiques, sans clashs, mais avec des morceaux piquants et/ou édifiants.
Jiro Kams ou Eldan Dorado, candidat à la compétition nationale Vodacom Best of the Best pour le compte de l’Ituri, en sont des exemples palpables.
Si la musique est avant tout le message à transmettre au public qui écoute, elle doit aussi refléter l’attitude respectueuse de son chanteur. Si la musique est devenue une arme pour se disputer avec ses collègues artistes, alors l’amour des mélomanes pour la musique souffre sous l’effet des ressentiments des artistes.
Moïse Ulang’u
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Courage à vous tous
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