Lumumba avait pourtant rempli sa mission : sortir le pays du joug Belge. Sa lutte, accompagné des autres courageux, avait enlevé une humiliation de plus de 50 ans aux congolais. Le Congo est entré dès lors dans une sphère parsemée de défis à relever.
L’instabilité politique, sociale, sécuritaire,… ont poussé le pays à tendre encore la main aux étrangers de qui, il restera dépendant au fil des ans. Et l’on va assister à la naissance du terme «Néocolonialisme». Les Européens sont partis, mais leur empreinte reste ineffaçable dans les pays colonisés.
«le néocolonialisme n’est autre chose que la nouvelle forme de la colonisation. Elle se manifeste essentiellement sur le plan d’aide économique, l’assistante aux différents domaines, ça fait que, lorsque vous ne savez pas résoudre un tel problème, vous êtes assistés par les autres nations», a expliqué le Professeur Mbitso Ngedza Joas, Docteur en Histoire Politique et directeur général de l’ISP-BUNIA.
Pour lui, le Congo-Kinshasa est encore dépendant des États étrangers au regard d’une insuffisance de moyens à la hauteur de ses problèmes. «il fallait que les congolais actuels fassent de manière à donner du sens à la décolonisation, en travaillant du côté économique,… pour que nous puissions avoir à la fois l’indépendance politique (que nous avons déjà acquise) et l’indépendance économique», a-t-il ajouté. .
Aujourd’hui, 65 ans après, l’indépendance de la République Démocratique du Congo est toujours mise en question au regard de la gouvernance du pays fortement affectée par l’ingérence extérieure.
«nous restons dépendant dans plusieurs domaines essentiels, sur le plan sécuritaire, le pays doit être capable de maintenir l’ordre et d’exercer l’autorité sur son territoire , mais jusque-là chez nous, il y a encore un problème sur le contrôle de notre territoire. Même sur le plan sanitaire, le vaccin, médicaments,… doivent nous provenir toujours de l’extérieur, sur le plan économique, notre pays est extraverti [•••]», a déploré un habitant de Bunia.
La conscience collective, l’unité nationale, le travail, sont autant des attitudes mises en avant pour faire de la RDC indépendante. D’autres observateurs conseillent le bannissement des anti-valeurs : la corruption, le détournement, le népotisme,… au côté d’une bonne gouvernance afin que le pays soit à la hauteur de ses problèmes et rester indépendant.
Moïse Ulang’u