Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, l’administration territoriale a récemment pris la décision de suspendre la circulation des camions lourds sur les ponts Ituri 2 et Tuha jugés à haut risque au regard des états défectueux qu’ils présentent. Cette mesure validée par le chef de division de Transvcom Ituri, vise à prévenir d’éventuels effondrements de ces ponts situés sur l’axe stratégique Mambasa–Beni.
Selon les mêmes sources, cette suspension s’inscrit dans une logique de précaution. Toutefois, cette décision suscite de vives inquiétudes au sein de la population et des acteurs socio-économiques de la région.
Maître Jospin Paluku Mbowa, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) dans le territoire de Mambasa, déplore l’absence de mesures d’accompagnement. Il souligne notamment le manque de clarté autour de la durée de cette suspension, ainsi que l’absence d’informations précises concernant les tonnages réellement à risque.
« La population et les opérateurs économiques sont laissés dans l’incertitude totale. Aucune date limite n’a été communiquée, et aucun dispositif alternatif n’a été mis en place pour atténuer les conséquences de cette décision », a-t-il indiqué.
Cette situation impacte directement les échanges commerciaux dans la région. L’axe Mambasa–Beni constitue en effet un corridor économique essentiel reliant les villes de Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, au centre de Mambasa en Ituri, puis la ville de de Kisangani, dans la Tshopo. La RN44 est considérée comme un raccourci stratégique facilitant la circulation des biens et des personnes.
Face à cette problématique, la société civile appelle le gouvernement central ainsi que les autorités provinciales à agir en urgence. Maître Jospin Paluku Mbowa plaide pour la construction de nouveaux ponts avec des matériaux modernes ou, à défaut, la réhabilitation rapide des infrastructures existantes.
« Il est impératif que des solutions durables soient trouvées pour garantir la sécurité des usagers tout en assurant la continuité des activités économiques », insiste-t-il.
En attendant, transporteurs et commerçants redoutent des pertes économiques importantes, tandis que les populations locales craignent un enclavement progressif de la zone si aucune réponse concrète n’est apportée dans les plus brefs délais.
Rédaction