La sous-coordination de la Société Civile Forces Vives de la chefferie des Mokambo dénonce la multiplication des tracasseries militaires, policières et administratives dans plusieurs localités de la chefferie. Elle accorde un délai de 24 heures aux autorités compétentes pour mettre fin à cette situation, faute de quoi une marche pacifique sera organisée.
Cette prise de position intervient après la présentation du cahier des charges de la Société Civile de Mahagi au gouverneur militaire de l’Ituri, comportant 11 recommandations. Elle fait également suite à la séance de consultation tenue le 23 juillet 2026 à la salle Caritas avec la délégation du gouverneur, conduite par le général Bony Matiti, commandant second du Secteur opérationnel Ituri.
À l’issue d’une descente sur le terrain, les forces vives affirme avoir identifié plusieurs postes illégaux de perception sur les axes Cawa Ramogi-Pawang’ (groupement Labo-Ramogi), Nyaray Gengere (groupement Jupunyangu), Njuda (groupement Apala) ainsi que sur les rives du lac Albert, à Ndawe et Jabi (groupement Ruvinga). Selon elle, ces barrières sont tenues par des militaires de l’infanterie et d’autres services, qui perçoivent de l’argent auprès des usagers sans délivrer de reçu.
La Société Civile exige, dans un délai de 24 heures, la levée de toutes les barrières illégales et le retrait des militaires des routes afin qu’ils soient redéployés dans les zones de Ruvinga, Musongwa et Aree pour faire face aux assaillants responsables des déplacements des populations. Elle réclame également la restitution du poisson saisi le 24 juillet 2026 aux pêcheurs de Kaswa et Muzugu par le militaire Patrice Sango de Ndawe sur le lac Albert.
En outre, elle demande l’indemnisation du chef du village Jupugwoko 2, M. Umirambe Sadam, déplacé du site de Ruvinga. Selon la Société Civile, ce dernier a été dépouillé de 75 000 shillings ougandais et de ses chaussures avant d’être violemment tabassé à la barrière de Njuda. Il est actuellement pris en charge au Centre de Santé de Référence d’Apala État. La structure citoyenne lui souhaite un prompt rétablissement.
À défaut de satisfaire à ces revendications dans le délai imparti, la Société Civile annonce l’organisation d’une marche pacifique et citoyenne le mardi 28 juillet 2026 à partir de 8 heures. Le cortège partira de Ndawe pour rejoindre Awasi afin d’exiger la suppression des barrières illégales, l’arrêt des taxes sur les routes agricoles et la fin du pillage du poisson sur le lac Albert.
Enfin, la Société Civile assure que cette manifestation se déroulera dans le strict respect des mesures barrières contre Ebola édictées par les autorités sanitaires.
Giranyutha Charles