À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, célébrée chaque 16 juin, les enfants de la province de l’Ituri ont élevé leur voix pour rappeler l’urgence de garantir leur accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, dans un contexte marqué par l’insécurité humanitaire et la résurgence de la maladie à virus Ebola.
Cette année, la célébration s’est tenue sous le thème provincial : « Ensemble, protégeons les enfants contre Ebola et renforçons leur accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement en Ituri », en cohérence avec le thème continental : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants d’Afrique ».
À Bunia, le Comité des Enfants de l’Ituri, avec l’accompagnement de la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant ainsi que l’appui de plusieurs partenaires, notamment la MONUSCO et Save the Children, a organisé une conférence-débat pour sensibiliser les autorités et les communautés sur les défis auxquels sont confrontés les enfants en matière d’accès aux services WASH (Eau, Assainissement et Hygiène).
L’accès à l’eau potable, un droit fondamental encore inaccessible pour de nombreux enfants
Lors des échanges, les participants ont rappelé que l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène constitue un droit humain fondamental. Pourtant, en Ituri, les enfants, particulièrement ceux vivant dans les sites de déplacés continuent de faire face à d’importantes difficultés d’approvisionnement en eau salubre.
La situation est aggravée par la pollution des rivières causée par certaines activités minières artisanales, la dégradation des ressources en eau et la pression croissante exercée sur les nappes phréatiques. Malgré la multiplication des forages par les acteurs humanitaires, les infrastructures existantes demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins des populations.
Selon les acteurs de la protection de l’enfance, l’insuffisance des services WASH expose davantage les enfants aux maladies hydriques et à d’autres risques sanitaires. Il est estimé qu’une part importante des maladies et décès infantiles est liée au manque d’accès à une eau potable et à des infrastructures d’assainissement adéquates.
Ebola : les enfants parmi les plus vulnérables
Alors que la province fait face à une nouvelle alerte liée à la maladie à virus Ebola, les enfants figurent parmi les catégories les plus exposées. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire afin d’encourager le respect des mesures barrières et des bonnes pratiques d’hygiène.
Le vice-président du Comité des Enfants de l’Ituri, Heri Michael, a souligné l’importance de protéger les enfants contre les risques sanitaires en leur garantissant un accès permanent à l’eau potable, aussi bien dans les écoles que dans les sites de déplacés.
« Sensibiliser les enfants contre Ebola et garantir leur accès à l’eau potable est essentiel. L’eau joue un rôle fondamental dans la santé, l’éducation et le bien-être des enfants, notamment dans les écoles et les camps de déplacés », a-t-il déclaré.
Les filles paient le plus lourd tribut
Les participants ont également mis en lumière les difficultés particulières auxquelles sont confrontées les femmes et les jeunes filles dans plusieurs communautés rurales.
« Dans de nombreuses localités, les femmes et les filles passent parfois plus de trente minutes par jour à la recherche d’eau. Cette situation affecte leur santé, leur sécurité et leur éducation », a expliqué Heri Michael.
Selon lui, les effets du changement climatique, notamment les sécheresses récurrentes, les inondations et la dégradation des ressources hydriques, aggravent davantage cette situation déjà préoccupante.
Moïse Ulang’u