La situation mentale des détenus de la prison centrale de Mambasa suscite de vives inquiétudes. À l’issue d’une mission d’assistance, Kakule Mahamba Job, psychologue clinicien et membre de l’Union nationale des psychologues congolais, tire la sonnette d’alarme sur l’état mental préoccupant de plusieurs prisonniers.
Accompagné d’une équipe spécialisée, le psychologue indique avoir mené des séances d’écoute active individuelle ainsi que des activités de psychoéducation auprès des détenus et des prévenus. Ces échanges ont porté principalement sur l’estime de soi et la reconstruction personnelle en milieu carcéral, deux dimensions essentielles pour la stabilité mentale.
Selon les observations faites sur le terrain, de nombreux détenus présentent des troubles psychologiques et psychiatriques sévères. Parmi les cas recensés figurent :
- des épisodes de dépression
- des troubles du comportement
- des troubles cognitifs
- des troubles psychotiques
À l’issue des entretiens et analyses, au moins deux cas nécessitant une prise en charge psychiatrique urgente ont été identifiés. « Ces personnes ne devraient pas être en détention, mais plutôt orientées vers des structures spécialisées », souligne Kakule Mahamba Job.
Le professionnel de santé mentale révèle également un phénomène inquiétant : certains détenus sont totalement désorientés, ne sachant ni pourquoi ils sont incarcérés, ni même où ils se trouvent. Une situation qui témoigne du manque de suivi psychologique au sein de l’établissement pénitentiaire.
S’adressant à la population, le psychologue insiste sur la nécessité de respecter les lois afin d’éviter l’expérience carcérale, qu’il décrit comme profondément éprouvante sur le plan psychologique. « La prison n’est pas un lieu souhaitable. Les conditions qui y règnent affectent gravement la santé mentale », avertit-il.
Face à cette réalité, Kakule Mahamba Job recommande aux autorités la présence permanente d’un psychologue au sein de la prison centrale. Un suivi régulier permettrait d’identifier les cas critiques, d’assurer une prise en charge adaptée et de prévenir l’aggravation des troubles mentaux chez les détenus.
Dans un contexte où la santé mentale reste encore peu prise en compte dans les milieux carcéraux, cet appel met en lumière l’urgence d’intégrer un accompagnement psychologique structuré dans le système pénitentiaire congolais.
Néhémie Paluku
3 commentaires
Ma suggestion est que l’etat puisse faire un suivi immédiate d’étudier les cas de chaque détenu en guise d’en porter atteinte a l’acquittement car le prison n’est pas un lieu à souhaiter
Je tiens à remercier le confrère pour ce grand travail réalisé et son bravoure d’orienter sa grande attention aux prisonniers de MAMBASA, qui ouvre sommes toutes et nous encourage de nous soucier de cette couche des populations plus vulnérables au sein de votre pays et réunir à la fin un rapport comme celui-ci, qui, interpelle aux gouvernant congolais, en particulier les conseillers en matière de droit aux principes sacro-crets, de réaliser leurs tâches en interdisciplinaire, afin d’éviter de telles erreurs d’arrestations sans accompagnement psychologique des détenus dans nos prisons africaines et ne pas exposer des vies humaines dans ces endroits sans équipes chargées de la rééducation.
Je suis fière de vous mon frère
Je confirme cette observation, car moi personnellement, j’étais détenu là pendant 120 jours c’est catastrophique.
Vraiment que les autorités prennent cette situation en considération.