L’appel lancé la soirée du vendredi dernier par le gouverneur militaire de l’Ituri invitant les populations déplacées à regagner leurs villages continue de susciter des réactions au sein de la classe politique provinciale.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 1 juin 2026, Jacob Asimwe Matali, acteur politique de l’opposition républicaine, a salué une initiative qu’il juge importante pour le retour progressif de la paix dans les zones affectées par l’insécurité.
Toutefois, il estime que cette démarche doit être accompagnée de garanties sécuritaires concrètes pour éviter d’exposer davantage les populations civiles.
Selon lui, la question de la sécurité demeure une préoccupation majeure, alors que plusieurs villages de Djugu et d’autres territoires de l’Ituri restent marqués par les violences armées.
«La demande du gouverneur militaire invitant les déplacés à regagner leurs villages est une initiative louable que je salue Cependant, une question fondamentale se pose : quelles sont les garanties sécuritaires offertes à ces populations ? », s’interroge-t-il.
Jacob Asimwe Matali rappelle que depuis 2017, des milliers de familles ont été contraintes de fuir leurs localités à la suite des attaques attribuées aux éléments de la CODECO et d’autres groupes armés. Il souligne qu’à ce jour, les mouvements armés restent actifs dans certaines zones et continuent de représenter une menace pour les habitants.
Tout en réaffirmant son soutien au principe du retour des déplacés, l’opposant politique estime que celui-ci doit être précédé par le désarmement effectif des groupes armés, le renforcement de la présence sécuritaire dans les villages concernés ainsi que des garanties claires pour la protection des civils.
«Le retour des déplacés doit être volontaire, digne et surtout sécurisé, je recommande également aux autorités d’associer les leaders communautaires les organisations humanitaires ainsi que les représentants de déplacés dans ce processus afin d’assurer un retour durable et apaiser », a insisté Jacob Asimwe Matali.
Il recommande également aux autorités de réhabiliter progressivement les infrastructures des bases notamment les écoles, les centres de santé et les routes qui pourront accomgner ce retour.
En Ituri, la question du retour des déplacés reste au centre des préoccupations, alors que plusieurs familles vivent encore dans des sites d’accueil ou en dehors de leurs villages, dans l’attente d’un environnement stable et sécurisé pour envisager leur retour.
David Mugisa