La coordination des affaires humanitaires, OCHA en RDC vient de publier depuis lundi 21, octobre, son rapport circonstancié qui retrace les conséquences sociales de l’insécurité en province de l’Ituri.
Territoire de Djugu
Le Territoire de Djugu a connu une recrudescence des violences impliquant des groupes armés au cours du mois de
septembre.
Les attaques ont touché plusieurs Zones de Santé (ZS), notamment Nizi, Drodro, Lita, Fataki et Mangala,
ciblant directement les civils, y compris les personnes déplacées, selon les autorités locales et les partenaires humanitaires.
Entre le 27 et le 28 septembre, des attaques menées par un groupe armé dans au moins sept villages des groupements
de Nyampala et Jako Ndahura ont entraîné la mort d’au moins quatre personnes et fait trois blessés. Le site de déplacés
de Toba a également été attaqué et partiellement incendié. Plus de 14 900 personnes issues de ces villages ainsi que des
sites autour de Jina ont fui pour se réfugier dans des centres collectifs (écoles, églises) à Jina.
Au total, au moins 20 civils ont été tués et plusieurs autres blessés lors d’embuscades contre des convois commerciaux et
d’attaques contre des villages de Djugu en septembre. L’impact sur l’éducation est significatif, avec au moins 65 écoles qui
demeurent fermées depuis juin dans les ZS de Nizi et Tchomia, affectant plus de 31 000 enfants, selon le Cluster Éducation.
Territoire de Mambasa
Au cours du mois de septembre, les attaques de groupes armés et les opérations militaires ont continué de provoquer des
mouvements de population, notamment dans la ZS de Lolwa du territoire de Mambasa
Selon des partenaires locaux, plus de 15 600 personnes ont cherché refuge dans les localités de Bandibwame, Mabukulu, Manya et Pekele entre août et septembre. Ces personnes déplacées présentent des besoins urgents en abris, soins de santé, protection, Eau, Hygiène et Assainissement (EHA), et Articles Ménagers Essentiels (AME). Par ailleurs, la société
civile locale redoute une aggravation de l’insécurité alimentaire, particulièrement dans les ZS de Lolwa, Mandima et
Mambasa, où l’accès aux champs est devenu extrêmement difficile pour les populations en raison de l’insécurité.
Le secteur de l’éducation est également touché par l’insécurité dans le territoire de Mambasa.
Sur l’axe Mambasa-Nduye,
au moins huit écoles sont restées fermées lors de la rentrée scolaire 2025–2026 au début du mois de septembre. Face à
la menace d’attaques armées, de nombreux parents ont déplacé leurs enfants vers Mambasa centre, où les établissements
scolaires sont déjà saturés par l’afflux d’élèves venant de l’axe Mambasa–Lolwa. Les autorités éducatives redoutent une
surcharge des infrastructures et une baisse de la qualité de l’enseignement.
Territoire d’Irumu
Au cours du mois de septembre, le territoire d’Irumu a continué d’accueillir des personnes deplacées fuyant les affrontements armés dans les ZS de Nizi, Mangala et Lita, situées dans le territoire de Djugu. Selon des partenaires
humanitaires, plus de 27 000 personnes sont arrivées dans la ZS de Bunia entre juillet et septembre 2025. Ces
populations vivent dans les familles d’accueil. Leurs besoins prioritaires incluent la nourriture, les abris, soins de santé,
articles ménagers essentiels, l’eau, hygiène et assainissement, selon une récente évaluation de l’OIM1.
Des vents violents survenus le 10 septembre ont endommagé au moins 300 abris sur le site de déplacés de Kigonze, dans la ZS de Bunia, laissant plus de 1 500 personnes sans toit. Les familles sinistrées, désormais dans une situation de grande vulnérabilité, sont exposées aux intempéries et à des risques sanitaires accrus, en raison du
surpeuplement et du manque d’abris temporaires.
Enfin, OCHA indique que des partenaires humanitaires ont signalé la présence de Restes Explosifs de Guerre (REG) dans la localité de Balingi, en ZS de Gety. Ces engins non explosés constituent une menace grave pour la sécurité des populations, en
particulier pour les enfants et les agriculteurs qui fréquentent les champs et les pistes environnantes.
Territoire de Mahagi
En septembre, les ZS d’Angumu et de Logo ont fait face à une recrudescence de l’insécurité. Outre des cas signalés
d’enlèvements de civils, la présence persistante d’hommes armés, y compris au sein du site de déplacés de Ngbamu,
a déclenché le déplacement préventif de plus de 3 000 personnes vers les villages environnants.
Cette dynamique d’insécurité est exacerbée par la multiplication des barrières illégales, qui restreignent drastiquement
la liberté de mouvement dans le territoire.
Moïse Ulang’u